La République, creuset d’orfèvre

"Pas du tout" cc Jed Sullivan

Et si, ce soir, on ne parlait pas du Proche-Orient? Et si on se tenait, ce shabbat, un instant à distance des manifestations et des démonstrations qui bombardent nos boites emails, nos réseaux sociaux, et nos esprits depuis des jours et des jours? Si l’on ne parlait pas des combats que se livrent les « pro-ceci » et « pro-cela », qui font croire de façon si manichéenne et simpliste que l’on ne pourrait être « ceci et cela », soucieux des uns et des autres, d’un camp et de l’autre, pro-israélien et pro-palestinien… comme si toute identification était exclusive, comme si on ne pouvait être sensibles à la souffrance des deux camps, et soucieux de justice et d’empathie à leurs égards. Il est bien sûr normal et légitime qu’un conflit nous rende sensible à la souffrance des nôtres et solidaires de…

Repenser le conflit au Proche-Orient

© Michael Thompson

« Eux et nous : Le monde en deux catégories » par le Rabbin Delphine Horvilleur. Chaque semaine, le shabbat, il revient au rabbin de commenter quelques versets de la Torah. Certaines semaines, l’exercice est facile, presque évident. Parfois, le défi est plus complexe à relever. Pour le shabbat de la mi-juillet, il me semblait d’autant plus difficile que les liens thématiques entre la parasha Matot et notre actualité sont à la fois évidents et douloureux. Dans la Torah, nous lisions un texte qui justifie la guerre, « Vayimasrou mealfei Israel…kh’aloutzei tzava : Par milliers, on recrutera les enfants d’Israël, équipés pour le combat ». Cet épisode biblique parle de combats, de civils assassinés, d’appels au meurtre au nom de la menace que fait peser l’autre sur notre groupe. Il est question de solidarité inconditionnelle…