Rosh Hodesh Sivan

Sivan © Chem Assayag

Le calendrier juif par Chem Assayag Sivan Sivan c’est le mois de Shavouot, celui du Don de la Torah. Bien entendu les commentaires et les exégèses de cette Matan Torah (littéralement « le dévoilement de la Torah ») constituent le cœur même de la religion juive. Or une des approches du texte consiste justement à le considérer comme ouvert, prêt à recevoir notre interprétation. Il n’est pas une Loi figée dans le marbre – comme pourrait le laisser croire une iconographie habituelle – mais un sens, une direction, un chemin.  C’est nous de décider si nous voulons emprunter et arpenter ce chemin, à nous de décider de le parcourir plus ou moins vite, d’y faire des haltes, parfois de revenir en arrière ou même de le quitter ! Le chemin est là mais nous en…

Parasha Behar : Paix pour la terre et pour les hommes

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Paix pour la terre et pour les hommes Le commentaire de David Isaac Haziza « Quand vous serez entrés dans la terre que je vous donne, elle observera un Shabbat pour l’Eternel. Six années tu ensemenceras ton champ, six années tu tailleras ta vigne et tu en amasseras le produit. Mais la septième année, il y aura un Shabbat suprême pour la terre, un Shabbat pour l’Eternel : ton champ tu n’ensemenceras pas, ni ta vigne ne tailleras. »[1] L’année shabbatique. Le Shabbat, la Cessation offerte à la terre tous les sept ans. L’idée sous-jacente, explicitée plus loin dans la parasha de Behar, est que l’Israélite n’est pas propriétaire du lieu dont il hérite : « car vous êtes des étrangers établis chez Moi ! »[2] La sainteté de l’espace exige que sa paix soit respectée à intervalles réguliers :…

Shabbat républicain : « Hineni », « Me voici »

© Orit Gafni

Drasha du rabbin Delphine Horvilleur à la veille du second tour de l’élection présidentielle française 2017. Comment dit-on en hébreu « Mobilisation Républicaine » ?  La question peut sembler saugrenue. Elle est pourtant plus pertinente qu’on ne l’imagine. En bien des circonstances ces dernières années, le détour par l’hébreu, l’exercice de traduction d’un langage à un autre, a été pour moi le plus éclairant des voyages, dans ma tentative de penser le lien si particulier qui m’unit – et qui unit ma famille – à ce pays. En hébreu, la France se dit Tsarfat. Beaucoup le savent, surtout ceux qui s’appellent Sarfati ou Serfaty, car c’est le sens même de leur patronyme. Mais ce mot a quelque chose d’incongru. Incongru, parce qu’il ne ressemble en rien au mot « France ». Or, en hébreu, l’Angleterre se dit…