Chaque trimestre dans Tenou’a, un professionnel de l’art contemporain vous propose ses choix d’expos, ses incontournables, à voir à Tel Aviv ou ailleurs. Ce printemps, nous donnons la parole à Sarah Peguine, consultante en art, spécialisée dans l’art contemporain israélien.
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Sarah PeguineSarah Peguine est la fondatrice d’Oh-So-Arty, une communauté de guides artistiques internationaux qui mettent au service des visiteurs leur connaissance du monde de l’art contemporain grâce à des tours guidés de galeries d’art et du contenu en ligne. Oh-So- Arty propose de découvrir la scène artistique de douze villes – galeries, musées, studios d’artistes – grâce à des guides spécialisés en art contemporain.

Après avoir obtenu son diplôme d’Histoire de l’Art à l’Institut Courtauld à Londres, Sarah a codirigé la Galerie Dvir à Tel Aviv pendant quatre ans et a construit des plateformes artistiques en ligne. Elle a créé l’un des blogs les plus connus sur la scène artistique israélienne ainsi qu’une page Facebook « Art Galleries in Tel Aviv », une communauté de passionnés d’art de plus de vingt mille adhérents dans le monde entier.

Depuis quelques années, Sarah organise de nombreuses visites de galeries d’art et de studios d’artistes. Plus de cinq cents personnes ont déjà eu l’occasion de découvrir avec elle les galeries et les espaces d’art les plus fascinants et les plus inattendus de Tel Aviv.

Liens/contact: www.ohsoarty.com | Instagram @sarahpeguine | www.facebook.com/telavivgalleries | +972527314305 | sarahpeguine@gmail.com

SHAI YEHEZKELLI, “IN PRAISE OF AVALANCHE”

The 2015 Rappaport Prize for a Young Israeli Artist
Musée de Tel Aviv, Shaul Hamelech 27, jusqu’au 22 avril 2017

Shai YehezkelliDeux expositions au Musée de Tel Aviv mettent à l’honneur des jeunes artistes qui viennent de recevoir un prix. La première exposition, « In Praise of Avalanche » est celle du lauréat du prestigieux prix Rappaport de la peinture pour un jeune artiste israélien, année 2015 – Shai Yehezkielli. Ce peintre a développé un langage propre avec des symboles qui se répètent et qu’on retrouve dans les oeuvres de différents formats, certaines sont carrées, d’autres rectangulaires, ou encore rondes, sur papier ou sur toile, étendues sur canevas ou pas. Des motifs comme celui du palmier, d’un personnage qui pourrait être interprété comme celui du juif errant, un vase… Tout est extrêmement coloré, abstrait mais aussi figuratif, une peinture surréaliste, qui ne peut qu’attirer le regard du spectateur, l’hypnotiser presque.

 

MARK YASHAEV, “ONLY FROM THIS SUDDENNESS AND ON”

The Lauren and Mitchell Presser Photography Award for a Young Israeli Artist, 2016
Musée de Tel Aviv, Shaul Hamelech 27, Jusqu’au 27 mai 2017

Mark YashaevDeuxième exposition, « Only from this suddenness and on », est une exposition de photographies de l’artiste Mark Yashaev, qui habite et travaille à Haifa. Il a reçu le prix « Lauren and Mitchell Presser prix de la photographie pour un jeune artiste israélien, 2016 » Lorsqu’on entre dans le petit espace dédié à cette exposition, cela prend un moment pour comprendre s’il s’agit d’une exposition photo ? Ou peut-être d’installations ? Ou encore de la peinture ? La plupart des scènes et situations ont été soigneusement choisies et construites dans son studio, il les a ensuite photographiées et a installé les tirages en examinant l’espace et ses restrictions. C’est un travail délicat qui joue avec la lumière, et les notions de temps et d’espace, troublant ainsi la perspective du visiteur et posant l’éternelle question, qui semble plus pertinente que jamais – qu’est ce que la photographie ?

 

RON AMIR, “DOING TIME IN HOLOT”

Musée d’Israël, Ruppin 11, Jérusalem jusqu’au 22 avril 2017

Ron AmirRon Amir s’intéresse aux populations minoritaires d’Israël, souvent maltraitées ou délaissées. Il s’immerge dans leur quotidien pour documenter leur vie et offrir aux spectateurs un nouveau regard sur ces personnes. Dans son exposition au Musée d’Israël, Amir présente des photographies et des installations vidéo. Un travail de trois ans durant lesquels l’artiste a passé du temps au centre de détention Holot, où des milliers de demandeurs d’asile érythréens et soudanais sont incarcérés. L’absence règne dans ses photos, les sujets sont abordés par le biais des traces laissées par les détenus et, pourtant, le résultat est frappant et puissant.

 

Roni Hajaj“FRESH PAINT”

9e ÉDITION DE LA FOIRE D’ART CONTEMPORAIN
Jusqu’au 1er avril 2017

Chaque année, la seule foire d’art d’Israël, la « Fresh Paint », ouvre ses portes au printemps, dans un lieu insolite. Pour sa neuvième édition, les directrices de ce beau projet ont choisi le nouveau musée Steinhardt d’Histoire naturelle, à l’université de Tel Aviv. La foire présente neuf galeries israéliennes, trois galeries internationales, d’Athènes, Berlin et Istanbul, des projets in-situ et des collaborations spéciales, et mon projet préféré, « la serre des artistes », où est présenté le travail de 53 jeunes artistes prometteurs, une occasion d’acquérir de l’art à des prix intéressants.

 

asaf ben zviASAF BEN ZVI, « THERE WAS NO MOUNTAIN »

Nouvel espace de la Galerie Gordon, 6 Hapelech, Tel Aviv, Jusqu’au 1er avril

Le nouvel espace de la galerie Gordon au Sud de Tel Aviv est un vrai bijou architectural, un cube blanc, avec beaucoup de lumière naturelle. L’exposition présente des nouvelles peintures d’Assaf Ben Zvi qui a reçu le prestigieux prix Rappaport en 2011 et expose des oeuvres très colorées et d’autres plus aérées et minimalistes. Ben Zvi est considéré comme l’un des peintres les plus importants d’Israël, une exposition à ne pas rater !

 

BOAZ NOY, “KINGFISHER”

Galerie Rosenfeld, Hamifal 1, Tel Aviv, Jusqu’au 1er avril 2017

Boaz NoyC’est la première exposition de ce peintre israélien à la Galerie Rosenfeld, un des établissements les plus établis de Tel Aviv, au sud de la ville, là où la plupart des lieux artistiques se trouvent aujourd’hui, dans le quartier Kyriat Hamelacha. Noy n’a pas étudié la peinture mais l’architecture à l’Académie de Bezalel à Jérusalem. Zaki Rosenfeld, le fondateur de la galerie, et Adi Goldner, la directrice, ont la réputation d’identifier les futures étoiles montantes de la scène artistique d’Israël, c’est d’ailleurs le cas d’une de leurs artistes la plus réputée, Zoya Cherkassky, qui aura une grande exposition au Musée d’Israël cette année. C’est elle qui a recommandé à Rosenfeld et Goldner de suivre la carrière de Boaz Noy, qui crée des oeuvres expressives, pleines de couleurs et d’émotions. Il peint des scènes de son entourage, ses proches, Haïfa sa ville, une peinture à la fois classique et contemporaine où la vie intérieure de Noy surgit de la toile.