La page de Delphine Horvilleur

Retrouvez dans cette page une selection de billets et articles du rabbin Delphine Horvilleur.

Rabbin au MJLF (Paris) et directrice de la rédaction de Tenou’a, Delphine Horvilleur est également l’auteur de deux livres : En tenue d’Ève: Féminin, Pudeur et Judaïsme (Grasset 2013) et Comment les rabbins font les enfants: Sexe, transmission et identité dans le judaïsme (Grasset, 14 octobre 2015).

Après des études en France et en Israël, Delphine Horvilleur devient journaliste notamment pour France Télévisions puis intègre le Hebrew Union College à New York, où elle est ordonnée rabbin en 2008.

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 Delphine Horvilleur interrogée par la  RTS sur la place des femmes dans la religion  – Interview du 26 février 2017

« Et Dieu créa la femme ».

Pour réécouter l’entretien accordé par le Rabbin Delphine Horvilleur à la radio télévision suisse le 26 février, cliquez ici.


Delphine Horvilleur invitée du 7/9 sur France Inter le 30 décembre 2016

Réécouter l’émission: 

 


 

Drasha du Rabbin Delphine Horvilleur – Parasha Vayétsé
Shabbat 09 déc. 2016

VAYETSE : Et moi, je ne savais pas…

Les Shabbatot s’enchaînent et ne se ressemblent pas toujours… et parfois ne se ressemblent pas du tout. Il y a sept jours exactement, Shabbat dernier, j’étais en visite à Hong Kong, invitée à y donner une série de conférences. J’ai décidé ce soir, non pas de vous raconter Hong Kong, mais de poursuivre le Dvar Torah, le commentaire de la Parasha que j’ai débuté là-bas, la semaine dernière à la synagogue libérale. Ce soir, je vais donc reprendre à l’endroit où je me trouvais la semaine dernière; et si cela ne vous paraît pas clair… et bien il fallait être là !

La semaine dernière, rappelez-vous, en commentant la Parasha Toledot, j’ai donc parlé de Jacob, ce patriarche qui n’est encore qu’un enfant et qui déjà cherche à dire qui il est. Jacob, c’est l’homme qui tout au long de sa vie peine à le faire, peine à se définir. La semaine dernière, on a lu dans la Torah ce moment où il se présente devant son père pour obtenir une bénédiction, à laquelle il lui semble qu’il n’a pas droit, la bénédiction du premier-né. Jacob approche, déguisé en Esaü, et son père lui dit :

וַיָּב֥אֹ אֶל־אָבִ֖יו וַיּ֣אֹמֶר אָבִ֑י וַיּ֣אֹמֶר הִנֶּ֔נִּי מִ֥י אַתָּ֖ה בְּנִֽי
« Mi ata beni ? »
« Qui es-tu, mon fils ? »

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 Drasha du Rabbin Delphine Horvilleur  - Parasha Lekh Lekha

LEKH LEKHA: le sondage erroné et la loi de l’imprévisible…

En ce soir de Shabbat, à l’heure de prononcer une Drasha hebdomadaire, j’aimerais vous livrer une information « confidentielle ». J’aimerais vous expliquer comment les Rabbins rédigent leur Drasha hebdomadaire.

Parfois, les Rabbins ne préparent rien et improvisent. Parfois le vendredi, quelques heures avant l’office, ils décident de ce dont ils vont parler, de la façon dont ils vont se tourner vers leur communauté et du thème qu’ils vont développer, en fonction de la Parasha de la semaine ou de l’actualité. Et puis parfois, bien à l’avance, ils ont une idée très claire de ce dont ils vous parleront tel ou tel Shabbat.

Et bien, chers amis, sachez que c’est précisément ce qu’il m’est arrivé il y a quelques jours. En tout début de semaine, je savais très exactement ce dont j’allais vous parler ce soir, vendredi 11 novembre 2016. Un sujet s’imposait, bien évidemment : j’avais décidé de réfléchir avec vous à ce que signifie le fait d’entrer dans un Shabbat où, pour la première fois, une femme est Présidente des Etats-Unis d’Amérique.

Tout était prêt : le lien avec la Parasha « Lekh lekha » que nous lisons cette semaine, les citations bibliques et talmudiques pour illustrer mon propos. J’avais prévu de vous parler de Sarah, héroïne de la Parasha de la semaine, dont il est dit qu’il faut « écouter sa voix » et qui incarne à sa manière la voix puissante du féminin. J’avais tout prévu, en me fiant aux prédictions incontestables, aux prophéties des temps modernes que constituent de nos instituts de sondage.

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© Ronen Siman Tov

© Ronen Siman Tov


Allocution du Rabbin D.Horvilleur en soutien à la « Marche de l’Espoir »
Initiative de « Women wage peace » – Cercle Bernard Lazare, Paris

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IL EST TEMPS…

À chaque fois que l’on entend parler d’une initiative de paix, il est, bien sûr, convenu de dire “Il est temps!”. Oui, il est temps en général et dans l’absolu de faire la paix, ou tout du moins d’emprunter à nouveau le chemin qui pourrait nous y mener… mais je crois que l’initiative qui nous réunit ce soir nous invite à dire un peu plus fort encore combien il est temps de se parler, de se mettre en route vers l’autre et de croire à nouveau ensemble à une destination commune et pas uniquement à un destin commun.

Par un hasard étrange du calendrier, mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’un hasard, la “Marche de l’espoir” intervient le semaine où, par excellence, dans le calendrier juif, l’on est censé se mettre en route et avoir conscience d’un chemin à parcourir : la semaine de Souccot. Alors avant de passer la parole à mes co-panelistes, si vous me le permettez, le Rabbin aimerait vous dire un mot de cette fête et de ce qu’elle nous dit en écho à cette initiative de femmes.

Souccot est la fête par excellence de la mise en route, le souvenir d’une traversée du désert et de la protection que l’on est en droit d’y attendre pour nos enfants et les enfants de nos enfants. C’est aussi une fête de pèlerinage vers Jérusalem, précisément ce que la “Marche de l’Espoir” est également cette semaine: c’est là où elle sera dans un peu moins de quarante-huit heures. [Lire la suite]


 

Le Professeur René Frydman reçoit le Rabbin Delphine Horvilleur

Le Rabbin Delphine Horvilleur est l’invitée de René Frydman, dans l’émission radiophonique « les Discussions du soir », diffusée le mardi 25 octobre sur France culture. Elle y livre le point de vue du judaïsme libéral sur la question de la place des femmes au sein des sociétés. Elle y insiste notamment sur la nécessité de poursuivre le travail d’interprétation des textes bibliques, dont le sens n’est jamais épuisé…

Le « Cantique des Cantiques » donne à entendre une autre représentation de la femme, libre et affranchie de la tutelle patriarcale. L’artiste israélien Idan Raichel, choix musical du Rabbin Delphine Horvilleur, en propose une version contemporaine alliant hébreu moderne et amharique. [Lire la suite]

 


 

L’émission Talmudiques reçoit le Rabbin Delphine Horvilleur à l’occasion de la fête de Souccot

Le dimanche 16 octobre, le Rabbin Delphine Horvilleur échangeait avec le Rabbin Marc-Alain Ouaknin au sujet de la fête juive de Souccot. 

 


 

Drasha du Rabbin Delphine Horvilleur pour le soir de Yom Kippour 

 YOM KI-KI-KIPPOUR ou la fête du Bégaiement

Selon la tradition juive, Moïse bégayait. Etrange infirmité que celle-là pour un leader choisi par Dieu pour dialoguer avec son peuple.

Toujours est-il que de très nombreuses histoires juives tournent ce détail en dérision et mettent en scène cette infirmité. La plus célèbre blague, vous la connaissez sans doute, raconte que dans le désert, les Hébreux demandent à Moïse vers quel pays il les emmène et quelle est donc cette terre promise où coulent le lait et le miel. Moïse leur dit alors en indiquant une direction : « Ca_Ca_Ca_Can… ». Les Hébreux se mettent immédiatement en route vers Canaan, mais lorsqu’ils aperçoivent enfin la terre et son environnement plutôt hostiles, ils disent à Moïse : « Est-ce donc cela que tu appelles une terre où coulent le lait et le miel? ». Moïse leur répond : « Je n’ai pas dit Can_Can_Canaan, j’ai dit Can_Can_Canada ! ».

Moïse n’est pas le seul héros biblique à souffrir d’un handicap. Isaac était aveugle. Jacob boitait, les matriarches étaient stériles… Mais il faut bien avouer que le bégaiement de Moïse a de quoi surprendre davantage. Pourquoi cet homme à la parole entravée devait-il être notre porte-parole ? J’ai décidé ce soir de réfléchir avec vous au sens de cette altération du langage. Que signifie exactement bégayer selon la tradition[Lire la suite]


 

L’émission « Talmudiques » reçoit la rédaction de Tenou’a

Le Rabbin Marc-Alain Ouaknin recevait, dimanche 9 octobre, dans l’émission « Talmudiques » sur France Culture, le rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la rédaction et Antoine Strobel-Dahan, rédacteur en chef de Tenou’a, autour du nouveau numéro : Yom Kippour, mode d’emploi pour une journée particulière… [Lire la suite]


 

Rabbi Delphine Horvilleur’s Erev Rosh Hashana Drasha (English version) – Translated by Robert Ley

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I AM… ROSH HASHANA

The famous Israeli author Amos Oz wrote a remarkable sentence in his book “Jews and Words”[1]. He said: “We Jews are notoriously unable to agree about anything that begins with the words ‘we Jews’”

This sentence, though full of humour, expresses a profound truth about Jewish identity: it cannot be defined either by a unified practice or by shared beliefs. We Jews are not comfortable with the first person plural. We don’t like to say “we” except when we enter that season of the Jewish calendar in which we find ourselves today.

At the heart of the Tishri services we say again and again: Ashmanou, Bagadnou, Gazalnou (« We have sinned, we have betrayed, we have usurped”). While beating our breast, we confess the sins we have committed in alphabetical order: Al het sheh’atanou lefanecha, (« These are the sins we have committed before you, Eternal”), listing them from A to Z, trying to forget none and expressing ourselves in the plural…[Lire la suite]


 

Drasha (sermon) du Rabbin Delphine Horvilleur pour le soir de Rosh Hashanna – Célébration du Nouvel an juif 5777

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JE SUIS … ROSH HASHANA

Le célèbre écrivain israélien Amos Oz a écrit dans son livre intitulé Juifs parmi les mots une phrase formidable. Il dit: « Nous autres Juifs, sommes incapables de souscrire à quoi que ce soit qui commence par les mots « nous autres Juifs » ».

Cette phrase pleine d’humour énonce, me semble-t-il, une vérité profonde sur l’identité juive : elle ne se laisse jamais définir, ni par une pratique unifiée, ni par une croyance partagée sur laquelle nous serions tous d’accord. Il faut bien le reconnaître, nous autres Juifs ne sommes pas très à l’aise avec la première personne du pluriel. Nous n’aimons pas dire  « nous » de nous, sauf lorsque nous entrons dans la saison du calendrier juif dans laquelle nous nous trouvons… [Lire la suite]


 

Drasha du Rabbin Delphine Horvilleur – Hommage à Shimon Peres
Parasha Nitzavim – Shabbat du 30 septembre 2016

« Je me souviens du 24 mars dernier.

C’était le jour de Pourim, jour de la lecture de la Meguila d’Esther. Shimon Peres était en visite officielle à Paris, sa toute dernière visite officielle. Pour ce séjour qu’il savait sans doute être le dernier dans la ville des Lumières, il a demandé à rencontrer un petit groupe de leaders religieux. Et voilà comment, invitée par la mairie de Paris, j’ai eu la chance et le privilège de passer un moment en face à face avec lui.

Je me souviendrai toujours de sa démarche fatiguée mais assurée. Je me souviendrai toujours de son regard amusé lorsque, face à Anne Hidalgo, maire de Paris et Aliza Bin-Nun ambassadrice d’Israël, il m’a dit en souriant : « Qui eût cru qu’un jour je m’entretiendrais à Paris avec madame le maire, madame l’ambassadrice et madame le rabbin ». Et puis il a ajouté : « Les temps changent ! »

Je lui ai dit qu’aucune histoire ne racontait peut-être mieux que Pourim la possibilité parfois de changer de temps, la possibilité d’entendre des voix de femmes contribuer à ce changement. Mais au fond de moi, j’ai pensé que personne ne savait mieux que lui ce que signifie le changement de temps ; parce qu’à sa manière, ce projet, ce rêve, cette mission avait été l’engagement de sa vie…Faire changer les temps.

Faire advenir ce qui semble impossible ; et croire qu’une autre réalité est à portée de main, non pas naïvement comme l’ont dit certains, mais au contraire, avec réalisme et courage.

Tant de choses ont été dites sur lui, sur son parcours, son caractère et son engagement ces derniers jours et tout particulièrement aujourd’hui à Jérusalem.

J’ai entendu, comme vous sans doute, en bien des occasions, Shimon Peres parler de ses convictions, de ses motivations et de son engagement. Souvent, il disait que malheureusement il y avait dans ce monde trop de gens qui se souviennent du passé et pas assez qui rêvent du futur. Trop de gens qui racontent l’Histoire, et pas assez qui tentent de la changer.

Alors je crois que nous lui devons aujourd’hui, nous qui sommes les héritiers de ces rêves, de ne pas juste nous souvenir, de ne pas juste rappeler ce en quoi il a cru…mais d’avantage de penser de quelle manière ce qu’il a été, ce dont il a rêvé, ce qu’il a signé, ce qu’il a proposé nous engage aussi.

Ô combien symbolique de savoir que Shimon Peres est porté en terre précisément le jour où nous entrons dans un Shabbat nommé Nitzavim, du nom de la parasha que nous nous apprêtons à lire à travers le monde. Cette parasha débute par ces mots :

« En ce jour, vous vous tenez debout, vous tous devant l’Eternel »

אַתֶּ֨ם נִצָּבִ֤ים הַיּוֹם֙ כֻּלְּכֶ֔ם לִפְנֵ֖י יְהֹוָ֣ה אֱלֹֽהֵיכֶ֑ם

Nitzavim est la parasha de la convocation, celle qui réunit tout un peuple et par delà peut-être une humanité toute entière, que cela soit au bord d’une tombe à Jérusalem ou face à ce qui nous transcende. Nous sommes réunis et Nitzavim poursuit ainsi le récit de cette convocation, en énonçant les mots suivants :

« L’alliance que je conclue avec vous en ce jour », dit Moïse « n’est pas juste une alliance seulement avec vous ».

וְלֹ֥א אִתְּכֶ֖ם לְבַדְּכֶ֑ם אָֽנֹכִ֗י אֶת־הַבְּרִ֣ית הַזֹּ֔את וְאֶת־הָֽאָלָ֖ה הַזֹּֽאת

« Elle est une alliance, un engagement avec ceux qui se trouvent ici aujourd’hui…et avec ceux qui ne se trouvent pas ici aujourd’hui. »

כִּי֩ אֶת־אֲשֶׁ֨ר יֶשְׁנ֜וֹ פֹּ֗ה עֹמֵ֣דעִמָּ֨נוּ֙ הַיּ֔וֹם לִפְנֵ֖י יְהֹוָ֣ה אֱלֹהֵ֑ינוּ וְאֵ֨ת אֲשֶׁ֥ר אֵינֶ֛נּוּ פֹּ֖ה עִמָּ֥נוּ הַיּֽוֹם

Les commentateurs comprennent de ces versets que l’alliance conclue entre l’Eternel et son peuple concerne autant ceux qui l’ont entendue au Mont Sinaï, les générations présentes, que les générations absentes, c’est-à-dire ceux qui allaient naître après elles.

Ou pour le dire autrement: certains engagements du passé sont et doivent aussi être ceux des générations qui en sont les héritiers. Certaines convocations sacrées, quand elles semblent parler au passé, parlent en fait au futur et engagent l’avenir.

Je crois que la vie de Shimon Peres est un témoignage de cela. Il nous a dit et nous a enseigné en bien des circonstances que nous souvenir ne suffisait pas si nous ne nous sentions pas responsables de poursuivre le rêve, et engagés à nous tenir Nitzavim, debout et ensemble, pour y croire encore.

Aujourd’hui est un jour de commémoration bien sûr, mais comme tout jour de commémoration, il nous interroge sur ce que nous allons faire du souvenir. Notre directrice du Talmud Torah Revital m’a fait parvenir ce matin un texte du grand poète Yehuda Amichaï, un homme précisément de la génération de Shimon Peres. Ce poème m’a semblé exprimer précisément ce que je tentais d’écrire maladroitement.

Comment doit-on se tenir lors d’une cérémonie du souvenir ?
Tout droit ou affaissé ?
Tendu comme une tente déployée ou en berne comme en deuil ?
La tête baissée comme un coupable ou relevée comme une protestation contre la mort ?
Les yeux ouverts et glacés comme ceux des défunts ou les yeux fermés, pour apercevoir les étoiles à l’intérieur de soi ?
Et quelle est la bonne heure pour se souvenir ?
Au milieu de la journée, quand l’ombre est cachée sous nos pieds, ou au coucher du soleil lorsque l’ombre s’allonge comme les souvenirs et comme le manque, qui n’ont ni commencement ni fin, comme Dieu ?
Yehuda Amichaï, Chemins de traverse – 167, III

Nous pouvons nous souvenir de deux manières, nous dit ce poème, dans le deuil, l’abattement ou bien dans la conscience d’une lumière intérieure ; dans la tragédie de ce qui est parti et ne reviendra plus, ou bien, au contraire, dans la conscience de ce qui fut, peut naître un rêve d’avenir…

Puissions-nous nous souvenir de Shimon Peres, de ses rêves de temps qui changent et être capables alors de les faire advenir, ou comme le dit ce si célèbre chant en hébreu, Shir Lashalom : Ne dites pas « Un jour viendra », mais faites-le advenir vous-même (« Al tigidou yom yavo haviou et hayom »). « 

אל תגידו יום יבוא הביאו את היום

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Le rabbin et le philosophe faits chevaliers

Mercredi 12 juillet, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale, a remis les insignes de chevalier de l’ordre national du mérite au rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la rédaction de Tenou’a et à Abdennour Bidar, philosophe promoteur d’un islam moderne et éclairé.
Au cours d’un discours émouvant, la ministre a salué les parcours et les engagements de ces deux personnalités qui œuvrent avec rigueur, compétence, honnêteté et bienveillance à un respect mutuel dans la religion et la laïcité, à une connaissance exigeante et au maintien et au renforcement du lien social.

Delphine Horvilleur est née en 1974 à Nancy. Après un départ à 17 ans pour un kibboutz en Israël, elle intègre la faculté de médecine de l’Université hébraïque de Jérusalem. Elle quitte ces études pour intégrer le CELSA, école de journalisme rattachée à l’Université Paris-Sorbonne et devient journaliste à la rédaction de France 2 pour laquelle elle couvre notamment l’actualité proche-orientale. Après un séjour de quelques mois dans le sud du Liban, elle s’installe à New York où elle est ordonnée rabbin après des études au Hebrew Union College. Elle devient la troisième femme rabbin à exercer en France en rejoignant l’équipe rabbinique du MJLF en 2008. Depuis 2010, elle dirige la rédaction de Tenou’a – Atelier de pensée(s) juive(s).

Delphine Horvilleur est l’auteur de En tenue d’Ève : féminin, pudeur et judaïsme et de Comment les rabbins font les enfants, parus respectivement en 2013 et 2015 chez Grasset.

 

Une_158_webAbdennour Bidar est né en 1971 à Clermont-Ferrand. Agrégé de philosophie, normalien et docteur en philosophie, il a enseigné dans des lycées et des classes préparatoires. Chargé en 2012 de la mission sur l’enseignement de la laïcité par le ministère de l’Éducation nationale et membre depuis 2013 de l’Observatoire de la laïcité, il est l’un des rédacteurs de la Charte de la laïcité à l’école. Spécialiste de l’islam, il est militant d’un islam ouvert sur le monde, bienveillant et curieux. Il se définit lui-même comme un « tisserand » du lien social.
Abdennour Bidar est le cofondateur de Sésame, centre de culture spirituelle. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment Un Islam pour notre temps (Seuil, 2004), Self islam : Histoire d’un islam personnel, (Seuil, 2006), L’islam sans soumission : Pour un existentialisme musulman (Albin Michel, 2008), Comment sortir de la religion (La Découverte, 2012) ou encore Lettre ouverte au monde musulman, (Les liens qui libèrent, 2015).
En décembre 2014, il a participé au numéro 158 de Tenou’a : Isaac & Ismaël, se reparler ?

Delphine Horvilleur et Abdennour Bidar - DR

Delphine Horvilleur et Abdennour Bidar – DR

 


 

Delphine Horvilleur invitée du club de la presse sur Europe 1 – 30 décembre 2015

Invitée du Club de la Presse d’Europe 1 le 30 décembre, le rabbin Delphine Horvilleur est  interrogée par Natacha Polony, Serge July et Olivier Duhamel.


 Suis-je le gardien de mon frère ? Penser la fraternité

« Suis je le gardien de mon frère »… Depuis le mois de janvier dernier, il me semble que tout, absolument tout ce que je fais, ce que j’écris, pense ou travaille, me ramène immanquablement à cette question et à ce récit fondateur-là sur lequel, je vais revenir dans un instant.

Avant de vous en proposer une lecture, qui n’en est qu’une lecture possible parmi d’autres, j’aimerais dire deux choses en préambule à mon propos :

La première, c’est que bien entendu, toute discussion sur la fraternité, le meurtre et la violence prend une dimension particulière aujourd’hui. Parce qu’en cette heure de deuil, nous savons qu’une fraternité véritable ne peut être une simple solidarité de l’émotion, mais qu’il nous faudra redéfinir… Lire la suite


Discours prononcé par Delphine Horvilleur en l’honneur de Chantal Akerman lors de ses funérailles, le 13 octobre 2015 à Paris
Chantal Akerman
Ce texte est reproduit ici à la demande de la famille.

« Nous sommes réunis pour accompagner Chantal Akerman dans ce lieu qu’on appelle en hébreu bet hashayim « Maison des vivants », nom qui peut sembler paradoxal pour un cimetière.

Pourtant, il ne s’agit pas ici d’un euphemisme, d’un refus de parler de la mort ni d’une volonté de faire comme si elle n’était pas là. Il s’agit au contraire de la conscience qu’il nous faut parler ici de la vie de ceux qui nous quittent, qu’il nous faut aussi reconnaître ici, tout particulièrement, que la vie et la mort n’habitent pas des lieux séparés… Lire la suite


 Plaidoyer biblique pour un développement durable : Delphine Horvilleur invitée de Lise Gutman sur Judaïques FM


Apprendre à mourir
Drasha du rabbin Delphine Horvilleur à l’occasion de l’office de Kol Nidré de Yom Kippour 5776 – mardi 22 et mercredi 23 septembre

C’est l’histoire d’un homme dont le fils va bientôt avoir 13 ans… Alors il se dit que le temps est venu de le préparer à la Bar-Mitsva. Et, il décide de faire appel au meilleur précepteur de la ville pour que son fils chéri puisse apprendre les prières qu’il récitera en montant à la Torah.

Chaque semaine, le professeur vient chez eux et s’enferme dans la chambre avec l’enfant pour travailler. Au bout de quelques mois, le père, curieux de savoir comment son fils progresse, colle l’oreille derrière la porte. Il entend alors son fils réciter péniblement : yitgdadal veyitkadash shme rabba…. L’enfant ânonne difficilement les premiers mots du kaddish, la prière du souvenir, la prière des endeuillés. Furieux, le père pousse la porte de la chambre et dit au professeur :
- Mais enfin, je vous ai demandé de préparer mon fils à sa bar-mitsva, pas à mon enterrement. Pourquoi lui apprenez vous cette prière ? Je ne suis pas mort !…
Ce à quoi le professeur répond calmement :
- Non… mais d’ici à ce qu’il la connaisse…

Pourquoi vous raconter cette blague juive à l’humour noir, au jour de Yom Kippour ? … Lire la suite


Dieu dans la bulle… ou le problème du judaïsme avec l’image
Intervention de Delphine Horvilleur lors du colloque « Le dessin de presse dans tous ses états » organisé par Cartooning for Peace le 21 septembre 2015 à Paris.

Lorsque j’étais enfant, je lisais beaucoup de BD. À tel point que j’étais convaincue qu’il pouvait se passer dans la réalité ce qui arrive toujours dans les bandes dessinées, à savoir, quand quelqu’un pense quelque-chose, une image s’affiche au dessus de sa tête. Quand je pensais quelque-chose de bien ou de mal d’une personne en face de moi,  j’avais très peur qu’une petite bulle apparaisse au dessus de ma tête et que tout le monde puisse découvrir le fond de mes pensées les plus intimes et les plus secrètes. Si bien que souvent je secouais la main au dessus de ma tête, simplement pour m’assurer que le champs était libre, ou pour tenter d’effacer d’éventuelles traces qui pourraient trahir mes intentions véritables…

À mon sens, cette anecdote n’est pas déconnectée du sujet que vous nous avez demandé de traiter ce matin, à savoir le rapport complexe qu’entretiennent les religions monothéistes avec la représentation, l’image, le dessin ou la caricature. Quel est le rapport entre ma phobie/ma folie d’enfant et cette question qui nous préoccupe ? Et bien c’est simple : ce que je craignais enfant, c’était que ce qui relevait d’une simple pensée, d’un élément de ma conscience et de mon cheminement mental devienne une vision et se matérialise. En clair, … Lire la suite


 Il n’y a plus de bouc émissaire
Drasha (sermon) du rabbin Delphine Horvilleur pour Shabbat Shouva 5776, vendredi 18 et samedi 19 septembre 2015

(…) C’était un matin de la semaine, sur une radio nationale de très grande écoute. Une intervieweuse accueillait un réalisateur connu pour son film Welcome sur les migrants de Calais.
Lorsque la journaliste lui demande pourquoi il a accepté de venir parler des migrants alors qu’il vient d’expliquer qu’il n’est pas qualifié pour le faire, le réalisateur, Philippe Lioret d’expliquer, je le cite :

« J’ai un truc en tête depuis un moment et je me dis, tiens, j’en entends jamais parler de ça. Je me dis : mais où elles sont les responsabilités de tout ça si on remonte dans le temps. (…) Oui, je me dis, la Guerre des Six jours par exemple, c’est loin, 67 ? Euh, voilà, les Israéliens sont rentrés en Cisjordanie et à Gaza, ils ont spolié les Palestiniens, est-ce que ça n’a pas été le début d’un truc terrible sur l’identité arabe qui aujourd’hui nous amènerait à cette espèce d’explosion d’intégrisme musulman qui, je pense, est quand même responsable au moins dans deux tiers des cas des migrations démentes qui nous arrivent aujourd’hui ? » … Lire la suite


 Rosh Hashana 5776
Drasha (sermon) du rabbin Delphine Horvilleur pour le soir de Rosh Hashana, célébration de la nouvelle année juive 5776

alex-pinna3Aujourd’hui naît un monde

Hayom harat olam – « Aujourd’hui le monde est né » – היום הרת עולם

Cette phrase, nous la répétons encore et encore tout au long de Rosh Hashana, à chaque fois que résonne le shoffar, après chaque sonnerie, nous disons Hayom harat olam, le monde naît.

Comme un coup de canon qui annoncerait l’arrivée d’un enfant royal, la corne résonne au cœur de l’office. Telle est la façon dont le judaïsme annonce aujourd’hui une naissance qui nous concerne tous.

Certains pensent qu’il y a 5776 ans, jour pour jour, le monde fut crée. Mais en réalité, la tradition affirme quelque-chose de plus complexe : la phrase que nous prononçons est au présent et non au passé. Nous ne disons pas hayom NIVRA olam, « en ce jour le monde FUT crée » … mais hayom HARAT olam, c’est aujourd’hui que le monde naît ou, plus littéralement, « ce jour enfante un monde ».
Ce dont il est question est donc bien la conscience d’une naissance en cours … Lire la suite


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Retrouvez les Rabbins du MJLF (Mouvement Juif libéral de France) Delphine Horvilleur & Yann Boissière dans la saison 2 de la web-série PSSSHAT. En moins de 2 minutes, ils répondent à des questions sur le judaïsme en proposant une nouvelle vision du mouvement juif libéral.

#15. Est-ce une mitsva de se faire pousser la barbe ?
#14. Comment pose-t-on une mézouza ?
#13. Que dit le judaïsme sur la fin de vie ?
#12. Pourquoi brise-t-on un verre lors d’un mariage ?
#11. Est-ce une mitsva de faire son alya ?
#10. Doit-on obligatoirement prier en hébreu ?
#09. Peut-on constituer un miniane sur internet ?
#08. Pourquoi pose-t-on un caillou sur une tombe ?
#07. L’abattage rituel est-il cruel envers les animaux ?
#06. D’où vient le rite de la nomination?
#05. Le judaïsme comporte-t-il 613 mitsvoth ?
#04. Une femme peut-elle toucher la Torah ?
#03. Le judaïsme accepte-t-il la crémation ?
#02. Peut-on prononcer ou écrire le nom de Dieu ? D ?
#01. Judaïsme libéral ou traditionnel, quelles différences ?