mars 2017

Rosh Hodesh Nissan

Le calendrier juif par Chem Assayag

Nissan

Nissan © Chem Assayag

Nissan © Chem Assayag

Nissan c’est le mois de Pessah, ce qui constitue un défi quand on doit illustrer le sujet. D’ordinaire l’iconographie juive est assez « pauvre »; pas de dessins ou d’images dans nos livres de prières, pas de tableaux dans nos synagogues. Mais il est une exception qui est celle de Pessah, grâce à la Haggadah.

La Haggadah propose un ensemble de références visuelles qui deviennent comme un bien commun pour tous les Juifs: Moïse dans son berceau, les Égyptiens, les plaies d’Égypte, la Mer Rouge qui se sépare. Le récit de la sortie d’Égypte est même devenu cinématographique, et nous avons – en tout cas pour les plus âgés – dans nos yeux et dans nos souvenirs les images du film de Cecil B. DeMille (Les Dix Commandements, 1956). Dès lors comment faire/montrer sans tomber dans une forme de « paraphrase visuelle » (une image des pyramides pour l’Égypte, ou des photos de sauterelles pour une des plaies…) ?

J’ai pensé alors à l’étymologie même du mot Pessah ; Pessa’h c’est « passer par dessus », pour nous rappeler que Dieu passa au-dessus des maisons des Hébreux et préserva les premiers nés mâles. Pessah est donc un passage. Un passage qui peut être vu comme le moment où le peuple juif s’autonomise pour devenir pleinement lui même, échappant à la servitude pour accéder enfin à l’Histoire. Un passage qui va aussi permettre aux Hébreux de recevoir la Loi qui va leur être donnée dans la continuité de la sortie d’Égypte; désormais ce que Dieu attend d’eux, et ce qu’ils devront attendre d’eux mêmes, ne pourra plus être ignoré.

Un passage donc, comme un chemin vers la lumière et la vie. Mais un passage qui est réversible, car on peut décider de rester où l’on est, dans le noir ou les ténèbres – plaie qui s’abat sur les Égyptiens ! – par lâcheté ou paresse. Une image de passage pour nous rappeler qu’il faut en être dignes.

 

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