Dernier volet de la trilogie commencée par “Prendre femme” et “Les sept jours”, le film “Gett, le procès de Viviane Amsalem” de Ronit et Shlomi Elkabetz suit le combat d’une femme dans le huis clos d’un tribunal rabbinique où elle tente d’obtenir le divorce.

Protéger celles dont la voix est tue 

Entretien avec Ronit Elkabetz, Actrice et réalisatrice israélienne

Votre dernier film, Gett, le Procès de Viviane Amsalem, dénonce l’inégalité entre hommes et femmes face aux tribunaux rabbiniques, spécifiquement au moment du divorce religieux. Comment a-t-il été accueilli en Israël? 

J’ai reçu énormément de réactions. Les tribunaux rabbiniques sont un lieu fermé et tout s’y passe derrière des portes closes. Personne n’est en général témoin des débats qui s’y déroulent. Le film constitue donc une sorte de pass d’entrée particulier vers un monde méconnu. C’est la première fois dans l’histoire du cinéma qu’on peut y pénétrer et voir comment les choses se passent. Pour de nombreuses personnes, cette découverte fut un choc. Certains voulaient savoir si les choses se passent comme cela partout dans le monde ou seulement en Israël. D’autres avaient tout simplement du mal à croire que de telles choses pouvaient se produire dans un pays démocratique. Mais, en filigrane, le film ne parle pas que de la situation en Israël mais plus largement du statut des femmes à travers le monde, que ce soit dans des régimes patriarcaux et même des pays occidentaux où les femmes vivent encore des discriminations. Dans le monde juif, le refus de donner le gett est un phénomène qui touche beaucoup plus de gens qu’on ne le pense. Pendant de longues années, j’ai reçu des témoignages très semblables à celui de Viviane dans le film. À l’issue d’une projection récente en avant-première en Israël, de nombreuses femmes m’attendaient, toutes venues témoigner et me dire « c’est mon histoire… c’est l’histoire de ma sœur… c’est l’histoire de mon amie »…

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