
Kugel est ce qu’on appelle un préquel, la nouvelle série remonte le temps pour revenir aux origines d’un ou plusieurs personnages de la série principale, Shtisel. Kugel nous emmène à Anvers, au cœur de la communauté ultra‐orthodoxe, retrouver Nuchem et sa fille Libbi, respectivement frère et nièce de l’inénarrable patriarche de Shtisel, Shulem.
Nous sommes loin de la lumière de Jérusalem mais nous retrouvons dans Kugel l’essence de Shtisel. La même ambiance linguistique, une sorte de Babel où s’entremêlent tout naturellement yiddish, hébreu et néerlandais. Les mêmes personnages quelques années plus tôt, drôles et complexes. Nuchem est tel que nous l’avons adoré : roublard, vaniteux, gourmand (il négocie perpétuellement pour avoir la meilleure partie du Kugel, celle qui est brûlée au bord) et prêt à tout pour sortir de ses ennuis financiers endémiques. Quant à Libbi, elle est tiraillée entre sa vocation toute personnelle d’auteure et une forme d’accomplissement de son destin de femme orthodoxe : se marier. Aucun prétendant n’a jusqu’ici trouvé grâce aux yeux de Libbi ou de sa mère. Libbi est une mora (professeure) de 22 ans : le temps presse (ses élèves se marient avant elle!). Et ce d’autant plus que ses fiançailles doivent être conclues avant que le divorce de ses parents ne jette l’opprobre sur la famille. Au naufrage du mariage de ses parents, Libbi oppose une sorte de rêve sage et romantique, s’épanouissant dans le carcan de son éducation.
Kugel a des allures de conte hassidique et c’est aussi pour cela qu’on l’aime. La série va au‐delà du décor des schtreimels (chapeaux de fourrure portés par certains Juifs hassidiques) et de la vie traditionnelle des orthodoxes d’Anvers, elle touche à l’universel, loin d’une caricature qui serait facile. Kugel décrit les aspirations contradictoires au bonheur de ses personnages et surtout expose la succession de choix difficiles qui jalonnent toute existence, à Jérusalem, Anvers ou ailleurs.
Kugel est une machine à histoires : par son existence‐même, la série met en abîme les désirs d’auteur de Libbi. Dans ses Légendes Hassidiques, Elie Wiesel écrit « Dieu créa l’homme parce qu’il aime les histoires », parions que Dieu aime aussi le Kugel !
Kugel sera disponible (en français, hébreu, anglais, espagnol) dès le 25 février sur la plateforme IZZY, une plateforme VOD consacrée aux productions israéliennes, désormais disponible en France.