M

Thématiques

Newsletter

Chaque semaine, recevez les dernières actualités de Tenoua

À propos

Qui sommes-nous

L'équipe

Les partenaires

Contact

Archives

Informations

Mentions légales

Trancher, une pièce sur l’ambiguïté de l’héritage en amour

Johanna Lemler, créatrice du podcast Notre Haggadah, a vu la pièce Trancher de et avec Sophie Engel. L’histoire d’injonctions religieuses qui mènent la danse dans nos amours. Ce soir, après avoir revu la pièce, Johanna interviewera Sophie, face au public de l’ECUJE. Dans ce texte en trois actes, elle nous encourage à découvrir Trancher.

Publié le 3 février 2026

2 min de lecture

1. Parce que ça parle de nous

De nous toutes et tous qui avons grandi dans une communauté avec une injonction endogame : aimer quelqu’un “de chez nous” – ici, un Juif. Cette tension irrigue bien des fictions, de Roméo et Juliette à Nobody Wants This. Mais ce que saisit finement Sophie Engel, ce n’est pas le conflit amoureux en soi : c’est la trajectoire de celles et ceux qui reçoivent cette injonction, et ce qu’on en fait. Entre tradition, absurdité, culpabilité, désir de liberté et réappropriation de son héritage, la pièce montre comment les normes religieuses et familiales s’immiscent dans nos choix amoureux, construisent – et parfois sabotent – nos relations. 

Trancher n’est pas une pièce sur “le couple mixte”, c’est une pièce sur ce que ça coûte, psychiquement et symboliquement, de choisir. Et sur l’impossibilité de renier son héritage ou de s’y soumettre entièrement – mais d’inventer une troisième voie.

2. Parce que c’est du théâtre malin et parfaitement tenu

Le texte est précis, drôle, sans pathos. Le quotidien flirte avec les questions existentielles : Sortir avec des garçons, puis, d’un coup : “Existent-elles ces personnalités faites d’un bloc, qui ne font jamais face à aucune contradiction ?” ou “Pourquoi je fais ça, pourquoi je reste pas dans le rang ?”. Sophie Engel incarne son personnage avec une justesse qui nous rappelle nos rendez‐​vous ratés, des shiddoukhim absurdes, des tentatives bancales consistant à “faire entrer un carré dans un rond”. On rit beaucoup, d’un rire qui touche au cœur, parce qu’il naît de situations dans lesquelles on se reconnaît. La mise en scène est au cordeau. Le décor et les éléments scéniques sont simples, mais parfaitement maîtrisés, du lit à la micro table de shabbat, du masque de plongée au monstre qui personnifie les pensées noires, chaque objet ou déplacement nourrit une dramaturgie qui retrace le questionnement initial : pourquoi être en couple avec une personne juive ? Cette question est le serpent de mer de la pièce. Serpent que la protagoniste s’emploie à attraper en nous livrant une enquête : elle plonge dans son passé à la recherche de tous les instants où la bête s’est matérialisée, pour en extraire pas à pas des prises de conscience sur ce qui fait ses identités. 

3. Parce qu’il y aura un échange après

La représentation est suivie d’une discussion avec Sophie, que j’aurais la chance d’animer. L’occasion d’entrer dans les coulisses de la création : comment est né le texte, comment il a été mis en scène, comment s’écrit une pièce, et plein de questions de Notre Haggadah. Nous explorerons les thématiques que la pièce ouvre : l’héritage, le choix amoureux, la transmission et, bien sûr, la liberté. Et je crois que ce n’est pas anodin que cette pièce ait été écrite par une femme, avec une scène en forme de “chambre à soi” : ce sera donc l’occasion de creuser ce que c’est, être une femme juive. 

Informations pratiques :

Mardi 3 février à 20h à l’ECUJE

Réserver ici