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Si la France insoumise n’est pas extrémiste, qui l’est donc ?

Le 27 février, le Conseil d’État à la suite du ministère de l’Intérieur a classé LFI à « l’extrême gauche », décision contestée par le principal intéressé. Laurent Sagalovitsch dénonce l’hypocrisie de LFI, parti dont les déclarations et les actions se situent, selon lui, bien en dehors de l’arc républicain, cela depuis déjà quelques années.

Publié le 5 mars 2026

3 min de lecture

La France insoumise s’est offusquée de la décision du ministère de l’Intérieur et confirmée par le Conseil d’État de l’inscrire sous l’étiquette « extrême gauche » en vue des prochaines élections municipales. Elle aurait plutôt dû s’en féliciter et voir dans cette dénomination la juste récompense d’années passées à semer le désordre et le chaos. À tout conflictualiser. À souffler sur les braises de l’antisémitisme. À transformer l’Assemblée nationale en une arène digne des jeux du cirque. À tout hystériser afin de déstabiliser la République, à enflammer la vindicte populaire, à parler dans une vulgate où l’idéal révolutionnaire devient soudain un appel au changement sinon au renversement des institutions.

Ah oui, elle a beau jeu cette France insoumise de refuser d’être qualifiée d’extrême. Au bal des tartuffes, les hypocrites sont rois. Cette prétendue gauche n’a de démocratique que le nom. Comment appeler une formation politique qui laisse délibérément plusieurs de ses membres, et non des moindres, tenir des paroles où le Juif est assigné à une identité étrangère à ses origines, lequel juif serait à la source de tous les maux de la Terre quand il ne serait pas directement impliqué dans la mort du Christ ?

Il y a belle lurette que la France insoumise a quitté le périmètre de l’arc républicain. À force de tout hystériser, elle a non seulement dégradé l’idée qu’on puisse se faire d’une nation douée pour régler ses différends dans la concorde et l’apaisement, mais elle a aussi contribuer à rendre vives des passions équivoques, de celles qui lorsqu’on les rencontre dans les livres d’histoire se finissent toujours dans la violence et le sang.

Et je ne veux même pas revenir sur la mort de ce malheureux jeune homme tué l’autre jour dans les rues de Lyon. La justice dira à qui en attribuer la paternité. Mais oui, dans ces deux extrêmes incarnés par le Rassemblement National et la France insoumise, il existe des trublions pour qui l’exercice de la force demeure le seul langage permis. Cette sorte de ferveur adolescente qui a toujours été celle des extrêmes et où le triomphe de ses idées passe aussi, si nécessaire, par la mort et le sacrifice de soi.

Comment s’étonner d’être traité d’extrémiste quand on laisse les paroles venimeuses s’épancher en flux continu dans le débat public ? Pas un jour ne se passe sans qu’ici ou là, sur les réseaux sociaux, en place publique, dans les travées de l’Assemblée nationale, on rivalise d’inventivité pour mettre le feu aux poudres. Ce n’est même plus un concept politique, c’est un mot d’ordre. Semer le désordre pour tracer sa route vers le pouvoir.

De quelle hypocrisie faut‐​il se réclamer quand, à escient, dans la froideur de calculs électoraux, on encourage à monter une communauté contre une autre, lorsque, méthodiquement, avec une abnégation qui finirait presque par forcer l’admiration, on use d’un verbe où entre deux foucades, dans ce détournement de la langue qui a toujours été la marque des régimes totalitaires, on laisse exploser une haine viscérale envers un pays qui, s’il n’est pas parfait, n’a rien du monstre décrit à longueur de colonnes ? 

La France insoumise a repris avec talent le flambeau de la polémique déployé naguère par le Front National. Il ne suffit pas de crier à l’antifascisme pour s’exonérer de toute responsabilité. Si la lutte contre l’extrême droite doit s’exercer sans relâche, elle n’a pas vocation à être privatisée ou confisquée par un parti en particulier mais doit demeurer l’affaire de tous, attitude en totale contradiction avec la France insoumise qui s’entend à apparaître comme son seul et unique contributeur.

L’extrémisme de la France insoumise n’est plus à prouver, il s’exerce sous l’autorité d’un chef dont on ne saurait remettre en question son mode de gouvernance sans risquer l’excommunication. C’est bien ainsi que fonctionne l’extrémisme, dans son absence de contradicteurs et la mise au ban de ceux coupables de dévier de la ligne définie par les instances du parti, instances inexistantes à la France insoumise où tout procède de la volonté de Jean‐​Luc Mélenchon.

Dire de la France insoumise qu’elle est extrémiste, ce n’est pas dire qu’elle équivaut au Rassemblement National mais que sa manière d’agir, son goût pour la provocation, son exaltation perpétuelle, son antisionisme viscéral aux débordements multiples et nauséabonds, son mode de fonctionnement et sa radicalité outrancière attestent d’un état d’esprit contraire aux valeurs même de la République, le respect d’autrui et le souci de la paix civile.