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Municipales : c’est quoi, une ville de rêve ?

Dimanche, on vote en France, pour ce qui est réputé être « le scrutin préféré des Français », celui qui va élire l’équipe en charge de chaque commune du pays. Tenoua a posé une question à plusieurs des auteurs que vous lisez régulièrement dans nos pages : « Qu'est-ce qui, selon vous, ferait d'une ville une ville de rêve ? ». Alors avant de voter, rêvons !

Publié le 13 mars 2026

11 min de lecture

Image créée par Matthieu Rochette‐​Schneider pour le no 155 de Tenoua, « Villes de rêve, Rêves de ville », paru au printemps 2014

Naviguez librement dans les rêveries de nos auteurs à travers le menu ci-dessous :

La ville d’Alain Granat, une ville dont on se plaint d’autant plus qu’on n’aime qu’elle
La ville de Sophie Bigot-Goldblum, une ville qui fait place aux vieux et place au vide
La ville de Midrash, une ville sans peur, pleine de douceur
La ville de Myriam Levain, une ville où on va plus souvent au cinéma qu’au supermarché
La ville de Laurent Sagalovitsch, une ville d’eau
La ville d’Alice Pfeiffer, une ville qu’elle dirige sans partage, pour votre bien, bien sûr


Alain Granat : une ville dont on se plaint d’autant plus qu’on n’aime qu’elle

Hier, je reçois un mail de mon ami Antoine, rédacteur‐​en‐​chef de Tenoua. Objet : « Élections municipales : ta ville de rêve « . Je sens le piège, il veut sûrement me fourguer la profession de foi d’Ariel Weil. Mais j’ouvre quand même : « Dans la perspective des élections municipales, Tenoua aimerait te lire sur la question suivante : “Qu’est‐​ce qui, selon toi, ferait d’une ville une ville de rêve ?” ». Ma religion m’interdisant de lui renvoyer le programme de Sarah Knafo, voici ma ville natale et mon cœur, Paris, en cité rêvée.

Qu’est-ce qui ferait de Paris une ville de rêve ? D’abord, qu’on y dorme. Parce que pour rêver, il faut dormir. À Paris, on ne dort pas. On écoute le voisin du dessus marcher comme s’il s’entraînait pour mener sa fille sous la houpa. On écoute les glapissements du couple du dessous qui a décidé de te complexer à vie. On écoute sa propre angoisse existentielle. Personnellement, je ne rêve plus. Je fais des réunions nocturnes avec mes névroses.

Alors déjà, on va se dire la vérité. Tout le monde prétend adorer Paris. Personne n’est vraiment à l’aise à Paris. Ce n’est pas une ville, c’est un test social permanent.

Parlons des terrasses de café. Tout le monde est assis en rang d’oignons face à la rue. Pourquoi ? On observe les passants comme si on était membres d’un jury invisible. « Regarde ses pompes », « Regarde sa gueule de con ». Tout le monde critique. C’est la Fashion Week permanente, sans invitation.

Et les dîners parisiens. Personne ne mange vraiment. On « partage ». On « explore ». Je ne veux pas explorer. Je veux un plat. Un vrai. Pas trois feuilles posées stratégiquement avec une réduction de quelque chose. Réduction de quoi ? De quantité ? Même pour choisir un restaurant, il faut une table ronde. « On connaît le chef ? Il est engagé ? Les produits sont sourcés ? » Moi je veux juste bouffer des pâtes bolos.

L’immobilier, on en parle aussi ? Un Paris de rêve, ce serait une ville où le prix du mètre carré n’est pas indexé sur la culpabilité ashkénaze transgénérationnelle. Un Paris où, quand ta mère dit « Tu devrais acheter, c’est le moment ! », ce n’est pas suivi de « Bon, on va vendre l’argenterie de ta grand‐​mère et ton père son rein ». Un Paris où un 9 m2 ne serait pas décrit par l’agent immobilier comme « charmant atelier d’artiste », alors qu’en réalité, même l’artiste aurait dit non.

Et les trottinettes et les vélos. Qui a décidé que c’était une bonne idée ? On dirait un jeu vidéo dont tout le monde a perdu le mode d’emploi. Je traverse au vert, je manque de mourir deux fois. Je ne fais même pas de sport et j’ai l’adrénaline d’un cascadeur.

À Jérusalem, tu as les pierres millénaires. À Paris, tu as les travaux. Partout. Tout le temps. Une ville de rêve serait un Paris où un trottoir reste intact plus de six mois. De la science‐​fiction, mais restons ambitieux.

Un Paris de rêve, ce serait aussi un métro où la ligne 13 serait un concept abstrait, une rumeur, un souvenir douloureux qu’on évoque à voix basse. « Tu l’as prise ? – Oui. » Silence. Regard entendu. Thérapie.

Un Paris de rêve, ce serait aussi l’inauguration d’une place Shimon Peres sans que Delphine Horvilleur en profite pour nous briser les tympans. Alors qu’on se tue à lui expliquer que la pollution sonore est un enjeu majeur de la ville.

En fait, Paris, c’est comme une mère juive chic. Elle te coûte cher, elle te critique un peu, elle te fatigue tellement… mais quand tu pars trop longtemps, c’est la seule dont la lumière te manque. Le Paris de mes rêves, c’est un genre de rêve dont on se plaint beaucoup. Mais dont on ne veut surtout pas se réveiller.

© Tuval Rabina, from the “Someday Afternoon” series
Image publiée dans le no 155 de Tenoua, « Villes de rêve, Rêves de ville », paru au printemps 2014

Sophie Bigot-Goldblum : Place aux vieux, et place au vide

La ville a mauvaise presse. Elle incarne l’hubris de Babel, elle est le choix de Lot – qui s’en va vers la ville quand Abraham demeure dans la plaine, maintenant la promiscuité à bonne distance. C’est Caïn qui le premier en érige une et la nomme du nom de son fils : Hanokh. Drôle de coïncidence, « construire », boné, vient de la même racine que ben, « fils », et Hanokh partage celle de hinoukh, « l’éducation ». Comme urbain, qui signifie éduqué, maîtrisant les usages du monde. Toutes les langues semblent vouloir dresser des ponts entre ville et transmission du savoir. Comme si la proximité irritante de notre prochain que la ville impose, ce frottement incessant des êtres, était aussi le creuset d’où jaillit l’étincelle d’un nouveau savoir. 

La ville rêvée, c’est celle qui fait place, comme dans cette prophétie de Zacharie (8,4) :

כה אמר יהוה צבאות עוד ישבו זקנים וזקנות ברחובות ירושלים ואיש משענתו בידו מרב ימים
Ainsi parle l'Éternel des armées : « De nouveau, des vieillards et des vieilles femmes seront assis sur les places de Jérusalem, tous un bâton à la main, à cause de leur grand âge. »

La ville du prophète est celle où la longévité est le signe de la quiétude d’une ville épargnée par la guerre et les pandémies. Zacharie nous rappelle que nos vieux sont notre gloire, notre victoire ; qu’il convient de les asseoir au centre des carrefours, de les faire siéger aux premières loges des troquets. 

Place aux vieux, alors, et place au vide.

C’est le Talmud (Arakhin 33b) qui nous y enjoint, proclamant la nécessité d’entourer les villes de terrain vague : le migrash. Comme pour protéger le terroir du désir dévorant de la ville. Rachi (sur Nombres 35,2), lui, commente le verset en esthète : le migrash est là pour sublimer la ville, la loi ordonne qu’au beau, place soit faite. Et il est heureux que l’hébreu de Tel Aviv ait adopté ce mot ancien pour désigner les terrains de jeux des enfants et des sportifs. Ben Yehuda (l’un des concepteurs de l’hébreu moderne) avait intuitivement compris que le jeu naît de l’ennui, la créativité‐​du manque, comme ce Dieu de la Kabbale qui se retire de Sa création pour qu’advienne le monde.

On rapporte qu’enfant, le Voyant de Lublin (Yaakov Yitzchak HaLevi Horowitz) fuyait l’école. Un jour, l’instituteur décide de le suivre. Le petit garçon court vers la clairière, vers le migrash. Essoufflé, il s’appuie contre un arbre et contemple le ciel.
- Pourquoi cours-tu toujours dans la forêt ? demande l’instituteur.
- Je cherche Dieu. 
- Mais Dieu n'est-il pas partout ? 
- Oui, Dieu est partout, mais moi je ne suis pas partout le même. 

Sans silence, comment prêter l’oreille aux murmures ?

Alors, si je vous dessinais une ville, j’y mettrais des vieux, des bistrots, des amoureux sur le quai du métro. Des mosquées, de l’encens, des synagogues et des enfants. Des chemins de traverse et des écoles buissonnières. Un terrain de foot en face du beit midrash, et puis du rien, du silence et de la grâce.

© Dan Lazar, from the “Back to the shtetl” series
Image publiée dans le no 155 de Tenoua, « Villes de rêve, Rêves de ville », paru au printemps 2014

Midrash : une ville sans peur, pleine de douceur

Cette année, pour Pourim, on est allés au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme. Des enfants jouaient au bal de Pourim pendant que l’histoire d’Haman était racontée, les crécelles résonnaient dans la salle. Il n’y a rien de plus innocent, de plus pur que ce moment‑là.

Et puis, en sortant, on s’est souvenus qu’on avait attendu cinq minutes à l’entrée. Contrôle de sécurité, policiers lourdement armés autour du musée, d’autres en civil, discrets mais bien présents. On est reconnaissants, bien sûr. Mais on se demande quand même si ça ne pourrait pas être différent.

On se met alors à rêver. D’une ville, dans un futur plus ou moins proche, où l’on n’aurait plus besoin d’un fourgon de CRS pour lancer tranquillement des batarangs sur un rabbin à Pourim. Et puis le rêve s’élargit.

On rêve d’une renaissance des restaurants juifs à Paris. De lieux où l’on se réapproprie les codes, l’esprit de la Boule Rouge ou de Bob de Tunis, sans nostalgie figée, mais avec envie et créativité. On rêve d’une ville où la culture est réellement accessible à tous, où les politiques arrêtent de couper dans les budgets culturels pour faire des économies, et choisissent plutôt de créer des espaces de création pour des artistes de toutes les cultures.

On rêve aussi d’une Fashion Week dont on connaîtrait enfin les dates, et qui serait une célébration de l’autre plutôt que du soi. On rêve de lieux de culte toujours plus ouverts, où les échanges culturels se multiplient, où l’on apprend les uns des autres pour mieux se comprendre.

Bref, on rêve d’un monde un peu plus simple, un peu plus doux, où la joie d’un bal de Pourim pourrait exister sans être entourée de peur. Et, on se dit que rêver, parfois, c’est déjà commencer à construire.

© Gabriel Amzallag/​MC Blue Matter pour Midrash Collective

Myriam Levain : une ville où on va plus souvent au cinéma qu’au supermarché

Dans la ville de mes rêves, on sait à quoi ressemble l’appartement de son voisin. Et même si l’on ne s’entend pas très bien avec lui, on lui donne un coup de main quand il en a besoin. On se parle à l’arrêt de bus, on prend des nouvelles de la boulangère, on fait connaissance au café, on porte les courses de la dame du troisième étage, les enfants vont à pied les uns chez les autres… 

La ville de mes rêves est faite de ces routines qui rendent la vie collective plus douce et qui, pour la Parisienne anonyme que je suis, semblent appartenir au passé. Les souvenirs de La Goulette et du Shtetl sont émaillés de ces petites solidarités qui sont sans doute l’apanage des personnes dont la vie n’est pas un long fleuve tranquille – l’entraide qui règne en ce moment dans les miklat israéliens nous le rappelle. 

La ville de mes rêves est une ville où l’on déambule dans n’importe quelle tenue sans craindre pour sa sécurité, où l’on ne cache pas son étoile de David dans le métro, où l’on passe des heures à bavarder en terrasse et où l’on va plus souvent au cinéma qu’au supermarché. 

C’est une ville où l’on ne passe pas ses journées à travailler et consommer : on vit, toutes et tous ensemble, quel que soit notre âge, notre parcours et les raisons qui nous ont amenés à habiter ici. La ville de mes rêves est d’une banalité sans nom mais j’aimerais qu’elle ne soit pas en voie d’extinction.

© Tenoua

Laurent Sagalovitsch * : une ville d’eau

« Qu’est‐​ce qui, selon vous, ferait d’une ville une ville de rêve ? »

Pourra‐​t‐​on jamais m’expliquer comment Dieu a‑t‐​il pu choisir comme ville‐​hôte une ville où aucune eau ne jaillit ? C’est pour moi le plus insondable des mystères, une question métaphysique qui me hante jour et nuit. Je ne sais même pas s’il y a une piscine à Jérusalem ! L’Éternel aurait pu élire Aix‐​les‐​Bains comme lieu de sa résidence principale ou bien même Tibériade pour rester dans le registre local, mais non ce schmock a préféré prendre ses quartiers dans une ville aride comme une station service plantée en plein désert. On le savait déjà colérique, jaloux, atrabilaire, on le découvre aussi aquaphobe. Une ville sans un point d’eau où se rafraîchir est comme un appartement dépourvu d’une salle de bains, fut‐​ce une simple douche, une hérésie fondamentale incompatible avec les aspirations du cœur humain.

J’ignore à quoi une ville de rêve peut ressembler mais elle se doit d’être bordée d’une vaste étendue d’eau, lac, mer ou océan, à vous de choisir. Un fleuve ne suffit pas, il a quelque chose de morbide et de poisseux qui donne envie de s’y précipiter la tête la première. Un ruisseau, une rivière invitent trop à la rêverie, à la mélancolie, à la flânerie, on finit par sombrer dans un romantisme un peu mielleux où l’âme se perd dans les méandres de rêveries trompeuses. Non, pour être au monde et prétendre vivre à son aise dans une ville, il faut se confronter chaque jour à la puissance infinie de l’océan voire d’une mer ou d’un lac s’il étend son empire au‐​delà des limites imposées à notre regard. Eux seuls possèdent cette vertu essentielle de nous ramener à nous‐​mêmes, d’établir entre la nature et notre pauvre personne, un lien de hiérarchie où si nous réalisons à quel point notre vie est vaine et petite, elle a au moins le mérite de s’accomplir au sein d’un décor grandiose. 

À se demander de quelles intentions malignes était animé l’Éternel lorsqu’il a élu Jérusalem comme ville où établir sa demeure. Craignait‐​il que la puissance d’évocation d’un océan lui fasse de l’ombre ? Ou bien que le spectacle offert soit si envoûtant qu’au lieu de perdre son temps à commenter ses versets, on choisisse plutôt de contempler le mouvement des vagues et leur ressac infini ? Quoiqu’il en soit, ce fût là une erreur tragique, la première d’une longue série où nous passâmes notre temps à fuir cette ville maudite avant d’y retourner pour, hélas, ne plus jamais la quitter. Ah si Jérusalem s’était construite là où Tel Aviv resplendit, nul doute que notre destinée aurait été tout autre, une ode au bonheur et à la joie, et l’auteur de ces lignes, un être lumineux et radieux. On peut toujours rêver !

* Dernier livre paru : Joue-là comme Godard, Éditions Les livres de la promenade. Grand Prix sport et littérature 2025. 

© Ziv Koren, “Tel Aviv port”
Image publiée dans le no 155 de Tenoua, « Villes de rêve, Rêves de ville », paru au printemps 2014

Alice Pfeiffer : un lieu où je règne souveraine, pour votre bien, bien sûr

La ville de mes rêves ? Inutile de chercher midi à quatorze heures. Mon utopie est simple : un lieu où je règne souveraine – despotique, peut‐​être, mais dévouée à la tâche. À défaut d’être mère, je sais que je ferai une excellente maire. Une maternité de substitution à l’échelle de Montreuil, portée par un instinct inexploité : savoir mieux que vous ce qu’il vous faut.

Mon slogan pour les municipales ? « C’est pour ton bien. »

Moi, Maire juive et de Montreuil, je n’aurais pas de vie propre – seulement la vôtre. Vous dites intrusion ? Je dis compétence.

Sous mon autorité fonctionnerait un Haut‐​Commissariat à l’Anxiété Préventive, composé de deux cents mères – au sens propre comme au figuré – chargées d’une seule chose : veiller sur vous au grain. Nous nous assurerons que personne ne rentre jamais trop tard, ni trop triste, ni trop seul. Et pour cela, les caméras de surveillance céderont la place à un dispositif bien plus fiable : leur regard inquiet, à chaque coin de rue.

Dans ma ville rêvée – la mienne mais c’est pour vous – j’imposerai un couvre‐​feu digital. Les notifications après 22 heures seront reclassées comme nuisance psychique, et la 5G sera coupée le vendredi soir. Si je ne suis pas là, qui vous repose ?

Il y aura aussi l’opération spéciale « Mets un pull, j’ai froid ». La mairie donnera enfin à la météo ce qui lui manque : son sous‐​texte. On annoncera la température, bien sûr, mais aussi l’humeur qu’elle transporte avec elle : « Grand soleil, mais fatigue accumulée », « Vent du nord et susceptibilité générale », « Ciel dégagé, mais prends un jour pour toi, même si tu ne tousses pas encore ».

Le Schlep deviendra un sport municipal : l’art officiel de transporter le poids des autres. Les habitants les plus entraînés participeront aux Jeux Schlempiques, avec des épreuves telles que « métro à l’heure de pointe avec trois enfants, un violoncelle, la carte Vitale de Mamie et une légère tachycardie ». Dans les salles municipales, les machines de musculation seront remplacées par des simulateurs de charge mentale où l’on « vide son sac » (n’importe lequel) et on repart plus léger.

Il y aura aussi l’opération « Je t’ai préparé un tupperware », la distribution de bortsch les jours de pluie et la création d’un pôle « Appelle sa mère » (vous êtes brouillés ? Mon équipe s’en charge). Les panneaux municipaux ne diront plus « Circulation alternée », mais « On s’inquiète pour vous ». Un malus ghosting frappera les applications de rencontre. Ma ville ne laissera ni le patriarcat ni les mauvaises manières circuler librement. Chaque disparition inexpliquée déclenchera une contribution automatique aux Maisons des femmes. On est féministe ou on ne l’est pas.

Bien sûr, cette ville sera étouffante, trop présente. Mais elle l’assumera : l’indifférence n’a jamais protégé personne. Et puis, entre nous, vous avez besoin qu’on garde un œil sur vous. Croyez‐​moi, c’est pour votre bien.

© Avraham Pesso, “The Dream”
Image publiée dans le no 155 de Tenoua, « Villes de rêve, Rêves de ville », paru au printemps 2014