Faire monter la Lumière

"Allumage des bougies de shabbat", Art falasha (DR)

Drasha du Rabbin Delphine Horvilleur – 09 juin 2017 Parasha Beaalotekha – Faire monter la Lumière Je me souviens de ma mère et de ma grand-mère faisant ce geste. Ce geste que des générations de femmes juives ont fait. Ce geste que beaucoup d’entre nous continuent à faire chaque vendredi soir, et que nous avons reproduit tout à l’heure au moment de l’allumage des bougies de Shabbat. Les mains qui virevoltent et forment des cercles d’élévation, puis qui couvrent le visage de celui qui allume et récite la bénédiction. Pourquoi se cache-t-on les yeux quand on récite la bénédiction des bougies de Shabbat ? Certains disent que c’est pour se concentrer, pour trouver en soi la Kavana, l’intention de prière nécessaire. En réalité c’est beaucoup plus prosaïque. C’est la loi juive elle-même qui…

Comment les Marx Brothers déboulèrent dans la cabane de Yentl durant la fête juive de Souccot [2]?

© Yossi Veissid

Yentl is back – Épisode 10 – Un feuilleton littéraire de Sonia Sarah Lipsyc Comment les Marx Brothers déboulèrent dans la cabane de Yentl durant la fête juive de Souccot [2]? Résumé de l’épisode Yentl décline le mode d’emploi d’une construction d’un soucca alors que, pour la première fois, son porte-plume semble entendre par elle-même les répliques du personnage du dibbouk lui aussi échappé de son texte… Elles discutent une fois de plus de loi juive et même de kabbale. Yentl nous apprend qu’elle a construit une soucca entre les deux mondes et demande à son porte-plume quels seraient les invités, personnages ou défunts, de ce monde ci ou de l’autre, qu’elle aimerait convier … –       « Comment l’arche sainte est ouverte ? Qui est venu l’ouvrir ? Pour qui s’est-elle ouverte ainsi…

Rosh Hodesh Sivan

Sivan © Chem Assayag

Le calendrier juif par Chem Assayag Sivan Sivan c’est le mois de Shavouot, celui du Don de la Torah. Bien entendu les commentaires et les exégèses de cette Matan Torah (littéralement « le dévoilement de la Torah ») constituent le cœur même de la religion juive. Or une des approches du texte consiste justement à le considérer comme ouvert, prêt à recevoir notre interprétation. Il n’est pas une Loi figée dans le marbre – comme pourrait le laisser croire une iconographie habituelle – mais un sens, une direction, un chemin.  C’est nous de décider si nous voulons emprunter et arpenter ce chemin, à nous de décider de le parcourir plus ou moins vite, d’y faire des haltes, parfois de revenir en arrière ou même de le quitter ! Le chemin est là mais nous en…

Parasha Behar : Paix pour la terre et pour les hommes

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Paix pour la terre et pour les hommes Le commentaire de David Isaac Haziza « Quand vous serez entrés dans la terre que je vous donne, elle observera un Shabbat pour l’Eternel. Six années tu ensemenceras ton champ, six années tu tailleras ta vigne et tu en amasseras le produit. Mais la septième année, il y aura un Shabbat suprême pour la terre, un Shabbat pour l’Eternel : ton champ tu n’ensemenceras pas, ni ta vigne ne tailleras. »[1] L’année shabbatique. Le Shabbat, la Cessation offerte à la terre tous les sept ans. L’idée sous-jacente, explicitée plus loin dans la parasha de Behar, est que l’Israélite n’est pas propriétaire du lieu dont il hérite : « car vous êtes des étrangers établis chez Moi ! »[2] La sainteté de l’espace exige que sa paix soit respectée à intervalles réguliers :…

Shabbat républicain : « Hineni », « Me voici »

© Orit Gafni

Drasha du rabbin Delphine Horvilleur à la veille du second tour de l’élection présidentielle française 2017. Comment dit-on en hébreu « Mobilisation Républicaine » ?  La question peut sembler saugrenue. Elle est pourtant plus pertinente qu’on ne l’imagine. En bien des circonstances ces dernières années, le détour par l’hébreu, l’exercice de traduction d’un langage à un autre, a été pour moi le plus éclairant des voyages, dans ma tentative de penser le lien si particulier qui m’unit – et qui unit ma famille – à ce pays. En hébreu, la France se dit Tsarfat. Beaucoup le savent, surtout ceux qui s’appellent Sarfati ou Serfaty, car c’est le sens même de leur patronyme. Mais ce mot a quelque chose d’incongru. Incongru, parce qu’il ne ressemble en rien au mot « France ». Or, en hébreu, l’Angleterre se dit…

Rosh Hodesh Iyar

Iyar © Chem Assayag

Le calendrier juif par Chem Assayag Iyar Iyar est un mois sans fête, ce qui est inhabituel. Il peut apparaître comme un mois de transition, presque neutre, entre la libération physique du peuple Juif (Pessah, et la Sortie d’Égypte) et sa libération spirituelle avec Shavouot (Don de la Torah). Cette période est d’ailleurs marquée par le compte du Omer, comme s’il fallait instaurer un comptage des jours pour marquer l’existence de ce mois ! Mais a contrario on pourrait considérer que Iyar, justement en raison de son apparente banalité, est un mois sur lequel nous pouvons projeter nos idées, nos aspirations, nos rêves. Iyar est alors un mois support au travers duquel nous pouvons faire l’expérience de notre liberté. En art les monochromes sont souvent d’excellents réceptacles des émotions et pensées des spectateurs ;…

Yom HaShoah – Numéro spécial « Artisans de la Mémoire »

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Découvrez le nouveau numéro de Tenou’a publié à l’occasion des commémorations de Yom HaShoah Artisans de la mémoire Dans ce numéro hors-série, Tenou’a et ses partenaires dressent le portrait de figures majeurs des combats pour l’Histoire et la Mémoire de la Shoah, comme les chasseurs de nazis Serge et Beate Klarsfeld ou les réalisateurs Claude Lanzmann et Marceline Loridan-Ivens, ainsi que de nombreuses autres personnalités à la fois issues de la génération des précurseurs et de la nouvelle génération. Le numéro est accompagné par le travail artistique et mémoriel du photographe Yuri Dojc. Consulter le sommaire du numéro S’abonner à Tenou’a ou commander ce numéro

Yom Hashoah – Pourquoi prier ?

©-Michael-Halak

Une drasha du rabbin Delphine Horvilleur Pourquoi prier ? POURQUOI PRIER ? A quoi bon ? Cette question, chacun l’a posée un jour. Mais cette interrogation, légitime tout au long de l’année, tout au long de la vie, résonne un jour par an, plus lourdement encore. Et ce jour est arrivé. Chaque année, l’office de Yom Hashoah nous oblige à demander : pourquoi prier ? Et à travers cette question à interroger : Qui écoute? Qui entend la prière ? Qui entend la nôtre et n’aurait pas entendu la leur ? Quel rocher, quelle puissance, quel sauveur invoqué dans notre liturgie jour après jour, n’aurait pas su ou pas pu, ou pas voulu être rocher puissant et salvateur pour d’autres, tandis qu’on l’invoquait depuis les Maamakim, les profondeurs de la nuit de la Shoah. Où était Dieu? Où était-Il ? Cette…

Pessah : Le goût de la fête

Image extraite de l'excellente édition 2015 de la Haggada Asufa publiée par Print-O-Craft , Philadelphie

Pessah Le commentaire de David Isaac Haziza Un peu de cuisine pour initier mon propos : les fêtes juives ne sont pas seulement affaire de lois et d’interdits, ni même de commémoration ou de textes. Il s’y trouve une dimension charnelle, qui passe en grande partie par la nourriture : à Pessah cette dernière est peut-être même l’essentiel. Il est un mets qu’on ne prépare qu’à cette occasion, et qui figure en bonne place sur le plateau du Séder : je veux parler du harosset. Chacun en a sa recette, et elle diverge considérablement entre ashkénazes et séfarades, et même d’un pays ou d’une région à l’autre. Mais on peut dire au moins qu’il s’agit d’une espèce de purée de fruits et d’épices, qu’elle n’est pas cuite, et qu’on fait généralement entrer dans sa composition…

Art ce printemps : les conseils de Sarah Peguine

Boaz Noy

Chaque trimestre dans Tenou’a, un professionnel de l’art contemporain vous propose ses choix d’expos, ses incontournables, à voir à Tel Aviv ou ailleurs. Ce printemps, nous donnons la parole à Sarah Peguine, consultante en art, spécialisée dans l’art contemporain israélien. Vous pouvez consulter le PDF de cet article ici Sarah Peguine est la fondatrice d’Oh-So-Arty, une communauté de guides artistiques internationaux qui mettent au service des visiteurs leur connaissance du monde de l’art contemporain grâce à des tours guidés de galeries d’art et du contenu en ligne. Oh-So- Arty propose de découvrir la scène artistique de douze villes – galeries, musées, studios d’artistes – grâce à des guides spécialisés en art contemporain. Après avoir obtenu son diplôme d’Histoire de l’Art à l’Institut Courtauld à Londres, Sarah a codirigé la Galerie Dvir à…