Caïn, la bête humaine

William Blake, "Cain fuit", connu également sous le nom "Le corps d'Abel découvert par Adam et Ève", 1826 (Public domain)

Le commentaire de David Isaac Haziza « Nous sommes tous fils de Caïn », affirmait Fritz Lang.[1] Le meurtre, la soif du sang est en nous. Et ce qui la motive tout d’abord : la volonté de puissance et le ressentiment. Caïn tue Abel parce qu’il est jaloux : son offrande n’est pas agréée mais celle de son frère si. Toute la première parasha de la Genèse – et de la Torah – parle de violence. Notre histoire, c’est la violence, depuis l’origine. De la désobéissance d’Adam et Eve à l’incarnation des « Fils d’Elohim », porteuse de tous les ravages qui conduisent au Déluge, ça n’est que violence. Caïn fait pire que ses parents, certes, mais le ver était dans le fruit : le ver, c’est ce prurit de la mortelle fusion. Cette faim du tout qu’est l’Arbre…

Nouveau numéro de Tenou’a : Souccot, faites entrer les invités

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Découvrez dès maintenant le nouveau numéro de Tenou’a en le commandant ou en vous abonnant.   Édito du rabbin Delphine Horvilleur Toc Toc Toc Étranges temps du calendrier juif : à Yom Kippour, nous prions pour qu’il y ait dans nos vies de la stabilité, de la continuité et de la permanence, et nous murmurons avec appréhension : « Pourvu que ça dure ! » Et voilà qu’immédiatement après ce jour solennel surgit Souccot qui nous dit en substance : rien ne dure mais sois sans crainte. La fragile cabane sous laquelle tu t’installes est à la fois symbole d’impermanence et de protection. Ce lieu temporaire et vulnérable est aussi celui qui, selon la tradition, peut accueillir les plus grandes joies. La mystique juive affirme que s’y présente chaque soir un invité…

Yom Kippour, le mythe d’un judaïsme inchangé

© Batsheva Dance Company

« C’est comme ça qu’on a toujours fait » ou le mythe d’un judaïsme inchangé Drasha du rabbin Delphine Horvilleur pour l’office de Kol Nidré, Yom Kippour 5778   La scène se passe dans un petit village d’Europe de l’Est (mais elle pourrait se passer n’importe où ailleurs). Imaginez : un homme de passage dans la région entre dans une synagogue. Il assiste à l’office et, à un moment donné, on sort les rouleaux de la Torah pour effectuer une procession. C’est alors que l’homme constate que, lorsque les fidèles passent dans l’allée centrale, en un endroit spécifique, ils plient les genoux et s’abaissent légèrement dans la direction de l’arche. Le visiteur, pourtant un habitué des synagogues, n’a jamais vu faire une chose pareille, ni dans la synagogue de son enfance, ni dans celle de…

Rosh haShana 5778 – Où t’es papa, où t’es ?

Aronvitz

« Où t’es, papa où t’es ? » Une chanson de Rosh haShana Drasha (sermon) du rabbin Delphine Horvilleur Vous connaissez tous ou presque ces quelques mots, le refrain célèbre d’une chanson à succès. Non, cette chanson n’a pas encore intégré la liturgie traditionnelle de Rosh haShana. Mais à mon sens, elle pourrait presque y trouver sa place, tant le refrain croise subtilement les thèmes de la fête que nous nous apprêtons à vivre. Papa, où t’es ? Et bien le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à Rosh haShana, papa est facile à trouver puisqu’il est partout. Simplement partout. Et il suffit de tendre l’oreille, vers les textes que nous nous apprêtons à lire tout au long de la fête pour se rendre compte de l’omniprésence du Père. À partir d’aujourd’hui, nous allons prier Dieu en…

Comment les Marx Brothers déboulèrent dans la soucca de Yentl [3]?

Nechama Golan, 'Sefer Nashim,' 2001

Yentl is back – Épisode 11 – Un feuilleton littéraire de Sonia Sarah Lipsyc Comment les Marx Brothers déboulèrent dans la cabane de Yentl durant la fête juive de Souccot [3]? Nous venions de sortir indemnes des « jours redoutables » comme l’on nomme cette période de dix jours entre les fêtes du nouvel an, Roch Hachana, et le jour de Kippour durant lesquels nos actes de l’année passée sont pesés et soupesés. De la petite boulette à l’arnaque, des mensonges blancs à ceux cousus de fil noir… Il suffit de jeter un coup d’œil sur l’inventaire des travers humains dans un livre de prière… pour se tenir à carreau le temps du son du chofar. Cette corne de bélier vous prend aux tripes… Et le livre de l’année à venir est ouvert… Qui…

Rosh Hodesh Tishri

Tishri © Chem Assayag

Le calendrier juif par Chem Assayag Tishri Le mois de Tishri est très dense. Trois fêtes majeures se succèdent dans une temporalité serrée: Rosh haShana, Yom Kippour puis Souccot. Dès lors nous avons tous en tête des images qui lui sont associées: la pomme et le miel, le blanc des Tallitot des assemblées de fidèles, le bouquet du Loulav ou encore les cabanes. Mais pour beaucoup d’entre nous le mois de Tishri reste cette période où domine le sentiment d’être confronté à soi-même et à ce que nous avons fait. Si nous nous souhaitons Shana Tova à son début, quelques jours plus tard c’est bien avec crainte que nous affrontons le jour redoutable de Kippour. Êtres minuscules face au Créateur, en équilibre précaire sur la balance de nos actes, nous espérons sortir de ces…

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Tandis que le Consistoire invite ce soir mardi 12 septembre le Grand rabbin de Jérusalem Shlomo Amar à donner une conférence en la synagogue Buffault à Paris, Tenou’a vous invite à diffuser et partager le plus largement possible sur les réseaux sociaux ce symbole de notre désaccord avec l’honneur fait par les représentants du judaïsme français à un homme qui multiplie les propos scandaleux, homophobes et prônant ouvertement la haine de pans entiers du judaïsme mondial. Nous nous désolons que le Consistoire puisse s’associer à de tels discours, persuadés que nul au sein du judaïsme de France n’ignore que les paroles de haine peuvent armer les bras meurtriers. Nous appelons à un judaïsme uni et respectueux de toutes ses sensibilités, nous appelons nos responsables communautaires à manifester clairement leur refus de propos…

Rosh Hodesh Elul

Elul © Chem Assayag

Le calendrier juif par Chem Assayag Elul Dernier mois de l’année juive, Elul est un mois d’introspection, de repentir et de pardon. Il marque le début du cycle qui mène aux fêtes de Tishri et qui culmine quarante jours plus tard avec Yom Kippour. Pendant ce mois, nous allons donc faire un retour sur nous mêmes pour examiner ce que nous sommes et ce que nous avons accompli. Notre regard tourné vers l’intérieur permet d’entrevoir notre « part sombre ». Cette « part (s)ombre » qui, dans un renversement final, est comme expulsée de nous et donnée à voir dans cette image.

Supplément spécial : Le Kotel appartient à tous les juifs

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LE 26 JUIN 2017, LE PREMIER MINISTRE ISRAÉLIEN EST REVENU SUR SON ENGAGEMENT D’ÉTABLIR UN NOUVEL ESPACE DE PRIÈRE ÉGALITAIRE ET PLURALISTE AU MUR DES LAMENTATIONS. TENOU’A VOUS PROPOSE LES RÉACTIONS DE MICHAËL BAR-ZVI, JEAN-FRANÇOIS BENSAHEL, DANIELLE COHEN, ARIEL GOLDMANN, DELPHINE HORVILLEUR, FRANCIS KALIFAT, RICHARD PRASQUIER, REUVEN RIVLIN, LESLEY SACHS ET NATAN SHARANSKY Lire ce supplément en ligne

Nouveau numéro de Tenou’a : L’art s’empare de la Bible

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Découvrez dès maintenant le nouveau numéro de Tenou’a en le commandant ou en vous abonnant. Édito du rabbin Delphine Horvilleur L’Art à l’ombre du Texte La plus célèbre école d’art en Israël rend hommage à un homme, héros de la Bible. Dans le livre de l’Exode, Dieu confie à Betsalel une mission ainsi énoncée : « Vois, j’ai designé Betsalel fils d’Ouri, fils de Hour de la tribu de Juda ; et je l’ai empli d’une inspiration divine, d’intelligence et de sagesse, de connaissance et de talent » (Exode 31:2-3). Ainsi surgit dans la Bible la figure de l’artiste, en charge de la construction du Tabernacle dans le désert, choisi pour traduire le projet divin en matière, et bâtir d’une parole énoncée tout un espace sacré. Betsalel a du talent mais aussi…