Shabbat républicain : « Hineni », « Me voici »

© Orit Gafni

Drasha du rabbin Delphine Horvilleur à la veille du second tour de l’élection présidentielle française 2017. Comment dit-on en hébreu « Mobilisation Républicaine » ?  La question peut sembler saugrenue. Elle est pourtant plus pertinente qu’on ne l’imagine. En bien des circonstances ces dernières années, le détour par l’hébreu, l’exercice de traduction d’un langage à un autre, a été pour moi le plus éclairant des voyages, dans ma tentative de penser le lien si particulier qui m’unit – et qui unit ma famille – à ce pays. En hébreu, la France se dit Tsarfat. Beaucoup le savent, surtout ceux qui s’appellent Sarfati ou Serfaty, car c’est le sens même de leur patronyme. Mais ce mot a quelque chose d’incongru. Incongru, parce qu’il ne ressemble en rien au mot « France ». Or, en hébreu, l’Angleterre se dit…

Rosh Hodesh Iyar

Iyar © Chem Assayag

Le calendrier juif par Chem Assayag Iyar Iyar est un mois sans fête, ce qui est inhabituel. Il peut apparaître comme un mois de transition, presque neutre, entre la libération physique du peuple Juif (Pessah, et la Sortie d’Égypte) et sa libération spirituelle avec Shavouot (Don de la Torah). Cette période est d’ailleurs marquée par le compte du Omer, comme s’il fallait instaurer un comptage des jours pour marquer l’existence de ce mois ! Mais a contrario on pourrait considérer que Iyar, justement en raison de son apparente banalité, est un mois sur lequel nous pouvons projeter nos idées, nos aspirations, nos rêves. Iyar est alors un mois support au travers duquel nous pouvons faire l’expérience de notre liberté. En art les monochromes sont souvent d’excellents réceptacles des émotions et pensées des spectateurs ;…

Yom HaShoah – Numéro spécial « Artisans de la Mémoire »

TENOUA_YS17_header

Découvrez le nouveau numéro de Tenou’a publié à l’occasion des commémorations de Yom HaShoah Artisans de la mémoire Dans ce numéro hors-série, Tenou’a et ses partenaires dressent le portrait de figures majeurs des combats pour l’Histoire et la Mémoire de la Shoah, comme les chasseurs de nazis Serge et Beate Klarsfeld ou les réalisateurs Claude Lanzmann et Marceline Loridan-Ivens, ainsi que de nombreuses autres personnalités à la fois issues de la génération des précurseurs et de la nouvelle génération. Le numéro est accompagné par le travail artistique et mémoriel du photographe Yuri Dojc. Consulter le sommaire du numéro S’abonner à Tenou’a ou commander ce numéro

Yom Hashoah – Pourquoi prier ?

©-Michael-Halak

Une drasha du rabbin Delphine Horvilleur Pourquoi prier ? POURQUOI PRIER ? A quoi bon ? Cette question, chacun l’a posée un jour. Mais cette interrogation, légitime tout au long de l’année, tout au long de la vie, résonne un jour par an, plus lourdement encore. Et ce jour est arrivé. Chaque année, l’office de Yom Hashoah nous oblige à demander : pourquoi prier ? Et à travers cette question à interroger : Qui écoute? Qui entend la prière ? Qui entend la nôtre et n’aurait pas entendu la leur ? Quel rocher, quelle puissance, quel sauveur invoqué dans notre liturgie jour après jour, n’aurait pas su ou pas pu, ou pas voulu être rocher puissant et salvateur pour d’autres, tandis qu’on l’invoquait depuis les Maamakim, les profondeurs de la nuit de la Shoah. Où était Dieu? Où était-Il ? Cette…

Pessah : Le goût de la fête

Image extraite de l'excellente édition 2015 de la Haggada Asufa publiée par Print-O-Craft , Philadelphie

Pessah Le commentaire de David Isaac Haziza Un peu de cuisine pour initier mon propos : les fêtes juives ne sont pas seulement affaire de lois et d’interdits, ni même de commémoration ou de textes. Il s’y trouve une dimension charnelle, qui passe en grande partie par la nourriture : à Pessah cette dernière est peut-être même l’essentiel. Il est un mets qu’on ne prépare qu’à cette occasion, et qui figure en bonne place sur le plateau du Séder : je veux parler du harosset. Chacun en a sa recette, et elle diverge considérablement entre ashkénazes et séfarades, et même d’un pays ou d’une région à l’autre. Mais on peut dire au moins qu’il s’agit d’une espèce de purée de fruits et d’épices, qu’elle n’est pas cuite, et qu’on fait généralement entrer dans sa composition…

Art ce printemps : les conseils de Sarah Peguine

Boaz Noy

Chaque trimestre dans Tenou’a, un professionnel de l’art contemporain vous propose ses choix d’expos, ses incontournables, à voir à Tel Aviv ou ailleurs. Ce printemps, nous donnons la parole à Sarah Peguine, consultante en art, spécialisée dans l’art contemporain israélien. Vous pouvez consulter le PDF de cet article ici Sarah Peguine est la fondatrice d’Oh-So-Arty, une communauté de guides artistiques internationaux qui mettent au service des visiteurs leur connaissance du monde de l’art contemporain grâce à des tours guidés de galeries d’art et du contenu en ligne. Oh-So- Arty propose de découvrir la scène artistique de douze villes – galeries, musées, studios d’artistes – grâce à des guides spécialisés en art contemporain. Après avoir obtenu son diplôme d’Histoire de l’Art à l’Institut Courtauld à Londres, Sarah a codirigé la Galerie Dvir à…

Nouveau numéro de Tenou’a : La violence en question

167_header

Découvrez le nouveau numéro de Tenou’a : « La violence en question » En partenariat avec le Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française, qui s’est tenu les 19 et 20 mars à Paris, Tenou’a vous propose d’explorer la violence et ses implications. Disponible sur Internet et en librairie. Pour voir la liste des librairies, vous abonner ou commander ce  numéro, rendez-vous ici. Consulter le sommaire de ce numéro.    

Rosh Hodesh Nissan

Nissan © Chem Assayag

Le calendrier juif par Chem Assayag Nissan Nissan c’est le mois de Pessah, ce qui constitue un défi quand on doit illustrer le sujet. D’ordinaire l’iconographie juive est assez « pauvre »; pas de dessins ou d’images dans nos livres de prières, pas de tableaux dans nos synagogues. Mais il est une exception qui est celle de Pessah, grâce à la Haggadah. La Haggadah propose un ensemble de références visuelles qui deviennent comme un bien commun pour tous les Juifs: Moïse dans son berceau, les Égyptiens, les plaies d’Égypte, la Mer Rouge qui se sépare. Le récit de la sortie d’Égypte est même devenu cinématographique, et nous avons – en tout cas pour les plus âgés – dans nos yeux et dans nos souvenirs les images du film de Cecil B. DeMille…

Et si être juif, c’était savoir qu’on est d’abord amalécite ?

legopurim2

Pourim Le commentaire de David Isaac Haziza Ils ont voulu nous tuer, on a gagné… Mangeons et buvons ! À en croire une vieille blague, c’est ainsi qu’on peut expliquer à peu près toutes les fêtes juives. Toutes, me direz-vous, ça n’est pas certain mais il reste que le souvenir du mal qu’on nous a fait ou qu’on a voulu nous faire justifie, avec bien sûr des variations, sinon l’existence des fêtes elles-mêmes, du moins, pour beaucoup d’entre nous, notre opiniâtre attachement à elles en cette ère pourtant si rétive au rite. Pour beaucoup, c’est d’abord une question d’identité. On dit à peu près n’importe quoi sur l’identité, les uns la condamnant au nom de la colonisation ou d’Auschwitz – quitte à accuser les Juifs de trahir les leçons de leurs propres souffrances – quand…

Rosh Hodesh Adar

"Adar" © Chem Assayag

Le calendrier juif par Chem Assayag Adar Voici le mois d’Adar, le mois de Pourim. Pourim c’est un récit mais un récit qui est associé à la fête et aux enfants. Pourim c’est une lecture joyeuse et légère, preque inhabituelle dans la tradition juive, où une forme de gravité semble toujours nous guetter. Et puis Pourim est associé dans mon esprit à de lointaines contrées, à ces empires perses fantasmés, qu’on semble deviner en évoquant simplement les noms d’Assuérus, et d’Haman, ou à travers l’origine même du mot Pourim qui vient de l’akkadien. Ainsi Pourim semble faire bruisser un souffle d’exotisme dans nos synagogues. Alors cette image qui associe le jeu enfantin, spontané, et un ailleurs, immédiatement perceptible, est comme un écho des rires de la fête.