Nouveau numéro de Tenou’a : « Éloge juif de la dispute »

D’accord, pas d’accord! Éloge juif de la dispute Le numéro de printemps 2018 de Tenou’a est désormais disponible pour les abonnés, dans votre librairie ou sur commande. Tomber d’accord Édito du rabbin Delphine Horvilleur Cette expression française, « tomber d’accord », l’illustre parfaitement : le consensus fait toujours courir le risque d’une chute et d’un écrasement, celui de la confrontation d’idées et du débat qui élève. Quand la différence de points de vue s’efface, est-on sûr que nos idées ont toujours de la hauteur ? Voilà ce que la littérature rabbinique interrogeait déjà il y a près deux millénaires. Dans le Talmud, les sages s’affrontent sans jamais gommer l’opinion adverse. Parfois même, ils deviennent fous ou meurent du simple fait de ne plus trouver face à eux d’avis divergents. Il faut «…

Et je jugerai tous les dieux de l’Égypte, par David Isaac Haziza

Comme beaucoup de gens, j’avais depuis plusieurs années fait mon deuil de la sortie d’Égypte. Un aussi grand nombre de personnes n’avait pas pu partir sans laisser de traces, en imaginant même que la terre des Pharaons ait été capable, au treizième siècle avant notre ère – moment supposé de l’Exode –, d’accueillir ainsi près de deux millions d’individus ; de plus, le Sinaï et Canaan étant alors sous domination égyptienne, le récit biblique semblait au mieux anachronique. La célèbre stèle de Mérenptah rapporte d’ailleurs une victoire militaire de ce pharaon de la XIXe Dynastie sur Israël, et cette victoire est datée de 1205 avant notre ère. Par ailleurs, si l’archéologie avait établi qu’aucune cité cananéenne n’avait été détruite à la suite d’une aussi improbable émigration – contrairement à ce que raconte le Livre…

Rosh Hodesh Nisan

NISAN « Cette année nous sommes esclaves; l’an prochain puissions-nous être libres. » Haggada de Pessah   Nous devons nous libérer des autres et de nous mêmes, creuser dans nos corps et nos esprits pour atteindre l’endroit de nos désirs et de nos espoirs. Creuser là où nous n’allons pas d’ordinaire car c’est trop difficile ou trop douloureux. Creuser avec nos yeux pour voir plus loin et avec nos ongles pour sentir ce qui résiste. Le chemin que nous empruntons est long et aride, balbutiement qui prend peu à peu la forme d’un voyage, d’un but. Parfois il faut des miracles pour nous faire avancer mais ils sont si rares;  le plus souvent, et c’est infiniment plus beau, c’est une main tendue que l’on essaye de rejoindre qui nous entraîne et nous permet de…

La voix de Deborah

Kol beisha erva : « la voix d’une femme est nudité ». L’orthodoxie a raison, la voix de l’autre sexe, du sexe que l’on désire, est désirable. Elle a raison mais, a-t-on envie de lui répondre, et alors ? Parashat Beshallah – Le commentaire de David Isaac Haziza La parasha de cette semaine, Beshallah, nous montre Pharaon renvoyant les Hébreux puis se ravisant, les pourchassant jusqu’à la Mer Rouge et finalement vaincu avec toute son armée lors d’une ultime intervention divine : les anciens esclaves parviennent à traverser la mer à pied sec tandis que les Égyptiens périssent noyés ; arrivés miraculeusement sur l’autre rive, ils entonnent un chant de louange, connu depuis comme le Cantique de la mer et récité tous les matins à la synagogue. Soit dit en passant, les critiques s’accordent à voir dans ce poème le plus vieux texte…

En attendant le Messie : Découvrez le nouveau numéro de Tenou’a

Dès le jeudi 14 décembre, découvrez, chez vous ou chez votre libraire, le nouveau numéro de Tenou’a. En attendant le Messie En guise de cadeau de Hanoukka, Tenou’a vous invite à plonger à le rencontre de cette figure d’attente et d’espoir. Avec les rabbins Yeshaya Dalsace, Philippe Haddad, Lawrence Hoffman, Delphine Horvilleur et Marc-Alain Ouaknin, et avec la participation de Muriel Bloch, Stéphane Habib, Gérard Haddad, Jacob Hamburger, David Isaac Haziza, Michaël Hirsch, Odélia Kammoun, Marin Karmitz, Michel Lascault, Sarah Peguine, Sarah Rozenblum, Pierre-Henry Salfati, Pierre Saragoussi, Brigitte Sion et Antoine Strobel-Dahan. Super-Messie L’édito du rabbin Delphine Horvilleur Saviez-vous que Superman est juif ? C’est en tout cas ce qu’affirment de nombreux spécialistes de bande dessinée qui s’amusent à révéler l’identité religieuse des super-héros (ou celle de leurs dessinateurs), comme on compterait le…

#BALANCE TON PORC et la tribu de Dina – Commentaire du rabbin Horvilleur

Shabbat du 1er décembre 2017 – Drasha du Rabbin Delphine Horvilleur #BALANCE TON PORC et la tribu de Dina Laissez-moi commencer par ce scoop: nulle part, dans la Torah, n’apparaît le hashtag « Balance ton porc » Je le sais, c’est surprenant. Certains rabbins aiment nous dire ou nous faire croire que ce qui se passe ou pourrait se passer dans l’histoire est déjà inscrit dans le texte. Mais vous aurez beau chercher, pas un seul hashtag de ce type n’apparaît dans le verset. Et c’est bien le problème. D’une certaine manière, la parasha que nous lisons cette semaine, l’épisode de la Torah qui s’apprête à être lu et commenté ce shabbat dans toutes les synagogues du monde, aurait bien mérité ce hashtag-là, tant il y est question d’un épisode scandaleux, dramatique et ô combien célèbre de…

Rosh Hodesh Adar

ADAR Ester, Chapitre 9, verset 22 « ..le mois où leur tristesse avait été transformée en joie et leur deuil en fête.. »   Un enfant joue et le ballon qu’il pousse entraîne le monde, une grande danse se met en mouvement, cercle que dessinent des arbres et des océans doux Une fête où la musique retentit, les instruments entrechoquent leurs notes et les gestes s’enlacent tendrement Un fruit qui, sous la langue, donne à boire la pulpe qui apaise les soifs Une main qui dépose sa paume au creux d’un visage et le berce dans un sourire Un texte patiemment appris dans la dureté des nuits et de la solitude et qui enfin se révèle infiniment Un soleil qui enfle dans la mer et recouvre de lumière nos rétines L’eau qui lave et…

Rosh Hodesh Shvat

Après un an de calendrier juif sur Tenou’a, Chem Assayag continue avec, cette année, une approche plus littéraire. À suivre mois après mois. Un arbre pousse dans ma tête Lentement, avec la confiance de l’inéluctable et des cycles Calmement, avec la force de ses ancêtres et de leurs récits Il ondoie sous le flux de mes rêves et de mes pensées Vibrant Une branche vient effleurer mon front comme une caresse vive Des feuilles poussent vers les nuages interrogateurs de mes iris Une canopée légère se mêle à mes cheveux dans un murmure Je cherche un nom pour l’arbre qui se déploie Pour son tronc large qui ressemble aux siècles Pour son écorce où je repose mon âme Je cherche Et lorsque les fruits apparaissent, graines minuscules Puis promesses colorées, puis formes puissantes…

Rosh Hodesh Tevet

Au coeur de l’hiver, Tevet, le dixième mois du calendrier, est un mois sans réelle aspérité.   Son seul élément marquant est le Assara béTévet, un jour de jeûne (jeûne mineur lié encore une fois à la destruction du Temple) mais qui ne semble guère observé. Tevet est comme lisse et dur, nimbé d’une brume qui empêche de voir ce qu’il recouvre vraiment. Retrouvez le calendrier par Chem Assayag, mois après mois, sur cette page

«Israël et la réparation du monde», essai de Brigitte Stora

Cet essai de Brigitte Stora est une adaptation par son auteure de la conférence intitulée « Israël et le souci du monde » qu’elle a prononcé le 5 novembre dernier au Bnei Brith de Genève. Brigitte Stora est une auteure et artiste militante, auteure notamment en janvier 2016 de « Que sont mes amis devenus… – Les Juifs, Charlie, puis tous les nôtres » aux éditions du Bord de l’Eau. Notre héritage, nos valeurs sont aujourd’hui plus que jamais mises à l’épreuve. Le retour de l’antisémitisme a conduit de nombreux Juifs à un repli mais aussi à un renoncement de l’esprit critique qui a fécondé le judaïsme. Israël pourra-t-il survivre à la perte d’une éthique qui, depuis le Sinaï, l’a constitué ? Pendant des siècles, malgré l’oppression et les persécutions, des intellectuels, des philosophes, des artistes n’ont cessé de…