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Midrash Podcast : « Nous croyons en l’art pour abolir les barrières »

Dès la semaine prochaine, découvrez le Midrash podcast, le podcast du collectif Midrash, produit en partenariat avec Tenoua. Midrash vous invite à assister aux conversations qu’ils ont menées avec des artistes juifs, conversations chaleureuses au long cours pour nourrir la créativité juive. Tenoua a rencontré Gabriel Amzallag et Joséphine Tapiro, fondateurs du collectif Midrash et créateurs du podcast du même nom.

Publié le 24 avril 2026

5 min de lecture

Bonjour Joséphine et Gabriel. La semaine prochaine débute sur toutes nos plateformes la diffusion de votre podcast, le podcast du collectif Midrash. Vous êtes tous les deux des artistes pluridisciplinaires, Joséphine plutôt côté écriture et cinéma, Gabriel plutôt côté musique et arts graphiques, tout ceci restant très perméable. Dites-nous, Midrash, c'est qui?

Midrash est un collectif et un média que nous avons formé après le 7 octobre parce que nous voulions montrer qu’être juif ce n’est pas qu’une religion ou un conflit lointain, mais aussi une culture qui est une source d’inspiration pour nous. C’était aussi une volonté de créer, à un moment où il y avait une forte recrudescence d’antisémitisme, un collectif d’artistes qui soit une safe place pour aborder les choses avec beaucoup plus de positivité. Nous sommes partis du constat qu’un des moyens que les Juifs ont trouvé, de tout temps en diaspora pour continuer à exister et transformer le narratif, c’était de raconter des histoires, de créer et d’inventer. C’est pour ça aussi que nous nous appelons Midrash : nous encourageons à raconter des histoires pour contribuer à faire avancer les choses et pour nous guérir nous‐​mêmes. Et puis, au centre de la culture juive, il y a toujours la remise en question, le doute, l’essai, l’innovation. Il ne s’agit certainement pas d’affirmer que les Juifs seraient plus créatifs, ni même de prétendre que nous saurions définir « l’art juif » – ou même « l’être juif » –, mais d’utiliser cet outil, ce moyen, que les Juifs utilisent depuis si longtemps, toujours nourris par les cultures qu’ils traversent, pour lire le monde et le raconter : l’art. Nous croyons sincèrement en ce moyen‐​là pour abolir les barrières et mieux comprendre qui nous sommes.

C'est la première fois que vous faites un podcast. Racontez-nous ce projet et pourquoi vous avez choisi de le faire maintenant…

Le projet de ce podcast était d’étendre notre prise de parole qui est essentiellement sur Instagram pour créer un espace de profondeur et de discussion avec les artistes. Puisque nous ne savons pas ce qu’est un artiste juif, mais que nous savons que quelque chose nous chatouille là‐​dedans, nous avons voulu questionner les liens qui peuvent exister entre la culture et l’identité des artistes et leur rapport à leur art, montrer ces processus avec des profils par forcément très médiatiques mais remplis d’histoires, d’éclectisme et de pluridisciplinarité. Nous avons invité des gens qui n’étaient pas en promo d’un projet, qui n’étaient pas forcément les plus visibles, mais à qui nous nous identifions et qui nous inspirent. L’idée est aussi de donner des clés, de l’inspiration, à plein de jeunes artistes juifs qui ne s’identifient pas nécessairement communautairement, pour qu’ils découvrent ces parcours parfois atypiques, toujours passionnés, de créateurs et d’artistes qui prouvent qu’il y a bien moins de barrières à la création que ce que l’on pourrait craindre. Et évidemment à tous ceux qui ne sont pas Juifs et qui aiment l’art, l’audace, qui sont curieux de ça, de la création artistique dans ce contexte, du cadre diasporique, et que nous espérons rallier à notre humanité.

Voici un podcast sur l'art, dans une acception inclusive et large, et cela se ressent chez vos invités. Le premier épisode que pourront découvrir les auditeurs (et spectateurs puisque le podcast est aussi filmé et disponible en vidéo) met à l'honneur une créatrice talentueuse qui a fait de la gastronomie un art et l'a relié à d'autres pratiques artistiques, puis nous rencontrerons un dessinateur dont la créativité a été "mangée" par la nécessaire lutte contre l'antisémitisme en ligne et qui s'interroge, un rocker devenu rabbin mystique sans perdre son âme de musicien, un réalisateur qui défie la "déjudaïsation" de la production cinématographique, et un monstre sacré pour quiconque aime le hip-hop, qui a favorisé largement l'émergence de cette culture en France… Votre définition de l'art est donc très vaste. Vous choisissez, comme hôtes, de recevoir des personnalités pour des conversations intimes, qui se déroulent sur la durée. Comment avez-vous choisi ces personnalités et cette intimité de conversation ?

La première chose était de montrer, par cet éclectisme, de multiples façons d’être artiste. Nous avons choisi, parmi plein de gens que nous admirons et qui nous inspirent, des artistes un peu hors‐​normes qui montrent à notre génération ou à la génération plus jeune que nous que, même si ce n’est pas toujours simple, c’est un kif de naviguer dans nos envies multiples d’artistes. Nous n’avions pas nécessairement axé notre projet là‐​dessus mais, à mesure qu’il s’est construit, il en est ressorti que ces personnalités sont toujours en doute et pourtant sont toujours dans le faire. Ils y vont, ils essayent, ils créent et au pire… quoi ? Alors on y va, on tente, on crée, on grandit, on change.

Sur la conversation, parler de l’identité juive est tellement intime qu’il faut laisser le temps à nos invités d’être à l’aise, laisser la rencontre advenir. C’est à dessein que nous n’avons pas choisi des invités en promo, pour pouvoir aller en profondeur, pour faire honneur à cette tradition juive du dialogue et de l’écoute. Un des objectifs du collectif Midrash est de mettre les gens à l’aise, de faire du bien, alors nous nous sommes appuyés sur ce format du podcast qui nous réconforte, et sur des invités qui nous accompagnent, dans une rencontre qui crée l’espace dans lequel on peut se poser des questions et se sentir bien. 

C'était une première pour vous, ce média, le podcast. Qu'est-ce qui vous a surpris ? nourris ?

Ce qui nous a surpris le plus, c’est la rencontre avec des énergies très différentes. Aucune n’est en défaut mais aucune ne se ressemble, c’est incroyable de rencontrer autant de gens que nous aimons et avec qui la conversation prend un tour si différent. Interviewer seul, c’est déjà un exercice compliqué : il faut être très à l’écoute pour s’adapter à la personne en face de nous, être dans l’hyper‐​présence. Et le fait d’être deux hôtes, ça rend à la fois tout plus simple et plus compliqué. Plus compliqué parce qu’il faut maintenir cette dynamique de l’échange avec notre invité tout en étant pas le seul maître du jeu, mais aussi plus simple parce que nos questionnements se complètent, se nourrissent, ouvrent la conversation vers un moment riche et très agréable. Vous entendrez sûrement au fur et à mesure de la saison à quel point nous avons découvert et apprécié cet exercice pas si naturel que ça a priori : interviewer à deux quelqu’un qui vous inspire, extraire d’eux leur vérité. Et puis préparer une rencontre, c’est regarder des films que tu n’aurais pas vus, lire des livres que tu n’aurais pas lus, écouter des sons que tu n’aurais pas écoutés. Ça ouvre, ça nourrit, ça donne envie de rencontrer encore plein d’autres artistes, d’inventer, d’être pionnier… 

 Propos recueillis par Antoine Strobel-Dahan

Liste des épisodes à venir

Jessy Levy – L’art du “berbeche” : être un sublime couteau‐​suisse 
Sasha Vizel – Du donjon des réseaux aux “dragons célestes”
Noé Debré – Qui a encore envie de voir des Juifs à l’écran en 2026 ?
Étienne Kerber – Rabbin rockeur, une nouvelle manière de vivre son judaïsme ?
Sophie Bramly – La pionnière du hip‐​hop en France est une femme juive tunisienne
Épisode bonus – Retour sur le podcast, par Joséphine et Gabriel