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Bar mitsva : Jonas Jacquelin, son goût pour le latin et sa rencontre avec le confiseur kasher des Lilas

Tenoua fête cette année ses 13 ans et, pour marquer cet âge symbolique, nous demandons à quelques rabbins de nous raconter leur propre bar ou bat mitsva. Jonas Jacquelin se souvient de la préparation de ce moment, et d’un échange – inoubliable – avec le confiseur kasher des Lilas.

Publié le 8 mai 2026

3 min de lecture

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Jonas Jacquelin à 13 ans

Souvent, quand je tente de me remémorer les épisodes de mon enfance, beaucoup de choses me semblent floues, enveloppées d’un brouillard. Mais s’il y a un moment qui échappe à cela, c’est celui de ma bar mitsva ! Peut‐​être parce qu’il est l’un de ceux dont je cherche très souvent à me rappeler. En effet, il n’est pas une semaine sans que je revienne sur cette période. Pas par nostalgie de l’adolescence, bien au contraire. Mais parce qu’il n’est pas une semaine sans que je ne reçoive ni n’échange avec des Bné mitsva et leurs familles pour les accompagner dans ce temps de passage. Je ne suis pas très versé dans les statistiques et serais incapable de dire combien de « rendez‐​vous BM » j’ai chaque année ; je sais juste qu’ils sont nombreux et qu’en pareille situation, peut toujours poindre le risque d’une routine de rencontre menée en pilotage automatique et à mes yeux, il n’y aurait rien de pire. C’est pourquoi, à chaque fois, je cherche à me remettre à leur place, à penser au jeune garçon que j’étais pendant cette période d’apprentissage et de préparation, et à retrouver mes questionnements d’alors et cette forme d’inconnu qui s’ouvrait devant moi. 

Pour être honnête, ce qui reste, avec le recul, ce n’est pas tellement la révision des prières et de la parasha, ni la préparation du commentaire de cette dernière mais ce sont des ambiances et des situations. Je me souviens par exemple être allé avec ma grand‐​mère choisir un tallit chez Colbo, rue Richer, puis être allé avec mon père chercher mes tefilin rue Lamartine. Enfin, avec ma mère, je me souviens avoir commandé des dragées chez un confiseur kasher des Lilas. Impossible d’oublier la discussion avec le patron du magasin ce jour‐​là. Il me pose une question sur ma parasha et me demande comment je travaille à l’école, quelle est ma matière préférée. À l’époque, je dois l’admettre, je n’étais pas toujours très motivé par les cours et un certain nombre de matières me passaient complètement au‐​dessus de la tête. Pourtant, s’il y en a bien une qui me passionnait alors, c’était le latin. J’étais beaucoup plus intéressé par une version sur l’enlèvement des Sabines ou le serment des Horaces que par les jeux de Game Boy ou le foot – contrairement à beaucoup de mes camarades de classe. À la question posée, j’avais répondu en toute transparence : « le latin, monsieur », ce qui lui fit immédiatement perdre de son entrain et de sa bonhomie. J’avais un peu l’impression d’avoir prononcé le Nom ineffable : le monde allait‐​il cesser de tourner à cause de ce goût pour la chose latine ? 

Finalement, le monde a continué de tourner et nous sommes retournés chercher notre commande. Entre temps ma mère m’avait briefé sur les Juifs et les Romains, et sur le fait que tous les empires finissaient par disparaître tandis que nous étions toujours là. Je me souviens très bien, dans le magasin, de ces dragées enveloppées dans des sachets de tulle refermés par le goodies qui les accompagnait et qui était, en hommage à mon prénom, une sorte de pince à linge en forme de poisson. Je me souviens aussi qu’en plus des sachets il y avait un paquet enveloppé dans un papier ocre rouge. Je l’ai ouvert et y ai trouvé un livre de midrashim et de récits hassidiques. Je serais absolument incapable d’en parler aujourd’hui, mais je sais juste qu’à ce moment‐​là, il m’a ouvert des perspectives nouvelles…


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