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“Parfois les cauchemars se réalisent”, ou le gâteau de la honte pour les 50 ans de Ben Gvir
Publié le 4 mai 2026

3 min de lecture

Capture d’écran des réseaux sociaux

Le ministre d’extrême droite de la sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, vient de fêter en grande pompe ses 50 ans, en présence de nombreux haut‐​gradés de la police et de responsables politiques de droite et d’extrême droite.

Sur le gâteau d’anniversaire, trois images fortes apparaissent, encadrant un Ben Gvir souriant :
- Une carte d’Erets Yisrael haShlema [le « grand Israël »], effaçant la ligne verte et donc la Cisjordanie
- Une corde faisant écho à la loi sur la peine de mort réservée aux Palestiniens
- Des armes de poing, en référence à l’assouplissement des contraintes sur le port d’armes porté par le ministre après le 7 octobre…

Ce gâteau est une métaphore saisissante de la plateforme politique de l’extrême droite en Israël, incarnée aujourd’hui par le récent et fringant quinquagénaire.

Ben Gvir est le même homme qui avait dans sa chambre un poster de Baruch Goldstein, le terroriste qui avait abattu 29 civils palestiniens à Hebron en 1994. Pour le futur ministre, Goldstein n’était pas un terroriste méritant la peine de mort mais un héros personnel et une inspiration.

Ben Gvir s’était vanté de s’être approché de la voiture de Yitzhak Rabin et menaçait à la télévision de pouvoir s’approcher du Premier ministre, dans une menace à peine voilée, une semaine avant son assassinat par le terroriste d’extrême droite Yigal Amir. Pour Ben Gvir, Rabin était un traître pour avoir cherché un compromis avec les Palestiniens au prix du sacrifice d’une partie de Erets Yisrael. Il fut assassiné le 4 novembre 1995, à la fin d’une manifestation dont le mot d’ordre était « Oui à la paix, non à la violence » et au cours de laquelle il devait dire, de sa voix rocailleuse, que « la violence mine les fondements de la société israélienne et doit être condamnée ».

Aujourd’hui, les maux contre lesquels Rabin mettait en garde son auditoire dans son dernier discours avant d’être assassiné se développent en Israël notamment à cause de deux hommes, Nétanyahou et Ben Gvir. Le premier, à l’époque l’opposant principal de Rabin contre lequel il attisa cyniquement les flammes, devait faire 30 ans plus tard du second un ministre de premier plan. 

Troll plus que ministre, Ben Gvir se révéla incapable de juguler la criminalité en Israël, en particulier pour la population arabe, mais il devait pousser sa police à molester les manifestants opposés au gouvernement, fussent-ils âgés et pacifiques, ne sanctionnant que mollement les nervis d’extrême droite qui perturbent les manifestations ou intimident des politiques ou des journalistes opposés au gouvernement. Les pistolets du gâteau sont donc moins une justification de l’autodéfense citoyenne que la défense de la violence politique.

Ce gâteau de la honte symbolise la guerre perpétuelle, la négation des Palestiniens, le racisme et la violence politique. En ce sens, il incarne une vision d’Israël rejetée par Yitzhak Rabin, que ses assassins avaient voulu tuer avec lui – assassins dont les disciples siègent aujourd’hui au gouvernement, par la grâce d’un Premier ministre aussi cynique en 1995 qu’en 2026.

Capture d’écran des réseaux sociaux — Sur le gâteau d’anniversaire d’Itamar Ben Gvir, on lit au‐​dessus du nœud coulant : מזל טוב לשר בן גביר « Félicitations au ministre Ben Gvir », en‐​dessous : לפעמים חלומות מתגשמים « Parfois les rêves se réalisent ».