
Carla Mistretta - Je dois vous dire que j’ai été très enthousiaste à l’annonce de la sortie de la série Etty car je consacre ma recherche de master en philosophie aux écrits d’Etty Hillesum. J’ai donc de nombreuses questions à vous poser…
Pour commencer, j’aimerais savoir quelles ont été vos premières impressions lorsque vous avez découvert Etty Hillesum et lu son Journal. En France, et plus largement en Europe, Etty est surtout connue dans certains milieux spirituels – notamment chrétiens. Avez-vous abordé ses écrits avec des idées préconçues, en particulier concernant leur dimension spirituelle ?
Hagai Levi – Ici, en Israël, Etty a été publiée dans les années quatre‐vingt, après la parution néerlandaise de ses écrits (sous le titre d’Une vie bouleversée). À l’époque, le livre était présenté avant tout comme un témoignage sur la Shoah. Puis, il y a une quinzaine d’années, une nouvelle édition a été publiée – je peux vous la montrer [Hagai Levi se lève et va chercher l’ouvrage – voir la photo ci‐dessous]. En hébreu, cette nouvelle édition s’intitule Le ciel en moi et elle a été davantage présentée comme un livre spirituel. Elle est très populaire auprès des psychologues et des thérapeutes “alternatifs”. Quand j’ai commencé à lire Etty, je ne savais absolument rien d’elle. Je n’avais aucun a priori, et je pense que cela a été une bonne chose. C’est ma psychologue qui m’a recommandé ses écrits ; je les ai donc découverts dans ce contexte‐là, alors que j’entamais une thérapie.

CM - Lorsque vous avez commencé à lire le Journal, en avez-vous parlé à vos proches ? Vos amis ou votre famille connaissaient-ils Etty Hillesum ?
HL – Non, personne ne la connaissait. Ce n’était pas un livre très connu ici. Aujourd’hui, un peu plus, bien sûr, mais à l’époque, non. Certaines personnes en avaient entendu parler, mais, de manière générale, Etty restait largement méconnue. Cela m’a surpris, parce que ce livre a eu un tel effet sur moi. Je pouvais comprendre pourquoi il n’était pas devenu populaire ici : Etty ne correspond pas au stéréotype de la victime de la Shoah. Et puis, son appropriation par certains milieux chrétiens a aussi joué, je pense. Il y a sept ou huit ans, les choses ont commencé à changer. En Israël, on commémore chaque année Yom haShoah, à travers des cérémonies très traditionnelles et conservatrices. Mais ces dernières années, certaines personnes ont cherché des façons alternatives de commémorer cette journée et d’en parler autrement. Et vous savez, le soir [de Yom haShoah], tout s’arrête : les commerces ferment, les programmes télévisés sont entièrement consacrés à la Shoah, c’est un jour de deuil national. Beaucoup ont commencé à chercher d’autres manières de vivre cette mémoire, c’est à ce moment‐là qu’Etty a commencé à ré‐émerger.
CM - Vous avez choisi d’intituler votre série Etty. Or, au départ, vous aviez en tête un autre titre.
HL – Durant plusieurs années, le titre original était The Girl Who Could Not Kneel (La fille qui ne savait pas s’agenouiller), parce qu’Etty écrit elle‐même dans son Journal qu’elle aimerait écrire un jour “l’histoire de la fille qui ne savait pas s’agenouiller”. Mais lorsque la série a commencé à prendre forme, on m’a dit, d’une part, qu’il portait des connotations trop chrétiennes, et d’autre part qu’il ne paraissait pas très “féministe”, disons. J’aimais beaucoup ce titre, mais finalement, j’y ai renoncé.
CM - Vous souhaitiez représenter Etty comme une femme moderne, une héroïne contemporaine plutôt qu’une sainte ou une martyre. Peut-être que ça a joué aussi sur le titre à la fin ?
HL - Oui. Dans le journal, cette posture est souvent associée au christianisme, mais je voulais proposer quelque chose de plus universel, presque relié à une posture méditative, proche du bouddhisme ou d’une forme de communion avec la nature.
CM - La série est en effet traversée par des scènes où l’on voit Etty s’agenouiller dans sa salle de bain ou sa chambre, posant la tête contre le sol, et soudain les sols sur lesquels elle s’abandonnent semblent s’animer, le décor se transforme en paysage naturel, comme si elle faisait corps avec quelque chose de plus vaste qu’elle. C’est très beau. Est-ce cela que vous vouliez transmettre à travers ces scènes ? Même dans les journaux, les passages où elle évoque l’agenouillement restent mystérieux : parfois très chrétiens, parfois beaucoup plus indéterminés. Était-ce difficile d’aborder ces scènes visuellement ?
HL - Dans le Journal, il y a parfois cette posture avec les mains jointes, comme ce que font les Chrétiens. Mais parfois, Etty ne précise rien. Dès le départ, je savais que je voulais filmer cela autrement. L’agenouillement est une posture présente dans de nombreuses religions : dans le judaïsme, notamment à Yom Kippour, chez les Musulmans bien sûr… J’ai senti que cette approche plus universelle était la bonne manière de la représenter.
CM - Lorsque vous avez eu l’idée d’adapter le journal d’Etty Hillesum à l’écran, quelle a été votre première intuition ? On sait que l’une des questions récurrentes dans le journal d’Etty est celle de la forme : elle ne sait pas comment écrire, quels mots employer, comment donner forme à sa pensée. Avez-vous rencontré une difficulté similaire en écrivant la série, ou aviez-vous dès le départ une vision très claire de ce que vous vouliez montrer ?
HL - Pour moi, il y avait deux difficultés majeures. La première concernait les mots eux‐mêmes : comment intégrer les phrases du Journal dans une œuvre audiovisuelle ? Je ne voulais pas faire une série sur la vie d’Etty, je voulais faire une série à partir de son journal. Or, passer des citations à l’image, au visuel, était très complexe. Bien sûr, on peut utiliser une voix off, mais cela ne suffisait pas. Au fil des années, j’ai fini par trouver l’idée de l’émission de radio.
CM - Justement, tout au long de la série, on peut voir le personnage d’Etty lire à voix haute de nombreux extraits du journal au cours d’une émission radio que tient son ami Klaas Smelik. Cette situation n’existe pas dans le Journal, vous l’avez inventée afin de faire entendre ses mots.
HL – Oui, l’émission radio m’a beaucoup aidé. Ce dispositif permettait d’introduire le texte dans la série : Etty pouvait parler, lire son journal, sans que les mots ne soient suspendus dans le vide… La seconde difficulté concernait justement l’agenouillement : comment filmer cela ? Comment rendre visible cette expérience intérieure, cette idée d’un lien avec quelque chose de plus profond, comme une réalité qui se cache sous la surface du monde ?
CM - En travaillant sur Etty Hillesum, j’ai beaucoup lu son Journal, et je trouve qu’on remarque assez bien sa temporalité très progressive. Le début est relativement lent : on suit Etty faire ses premiers pas sur le chemin de l’écriture, elle évoque d’abord ses difficultés à s’exprimer, puis, progressivement, les effets positifs de la thérapie avec Julius Spier (un psychochirologue qui lui conseille de tenir un journal intime) apparaissent. Et puis, il y a un tournant qui se produit lorsqu’elle commence à travailler au Conseil juif : l'écriture s’intensifie, portée par une urgence croissante et une volonté de témoigner.
HL - Il y a surtout la mort de Spier.
CM - Oui, c’est sûr, Spier meurt en septembre 1942, donc assez tardivement, dans la dernière partie du Journal et ensuite viennent les lettres. Le style change, l’approche de l’écriture aussi. Pendant l’écriture de la série, avez-vous tenu compte de ce rythme intérieur très particulier du Journal ?
HL - J’ai laissé de côté les camps. J’ai aussi choisi de ne pas raconter la période où elle revient à Amsterdam avant de repartir à Westerbork. C’était trop compliqué à intégrer dans le format de la série. Le véritable basculement n’est pas tant son départ pour Westerbork que ce qui se joue juste avant. C’est sûr que la seconde partie de la série est plus rapide, plus dense : les événements commencent à s’accélérer. Les derniers épisodes sont centrés sur les dernières semaines, extrêmement intenses avant le départ pour Westerbork. Au Conseil juif [chargé d’assurer la gestion administrative de la communauté juive], Etty ne reste en réalité que deux semaines, mais ce sont des semaines décisives. Tout ce qui le précède est plus lent – mais cela devait l’être, parce que c’est fidèle au rythme des événements eux‐mêmes.
CM - Il fallait aussi le temps de présenter les personnages, les tensions, les difficultés et les conflits auxquels Etty est confrontée…
HL - Exactement. On ne peut pas comprendre ce qu’elle traverse sans voir d’où elle part.
CM - Au fond, le Journal est profondément traversé par l’idée de mouvement, de transformation. Il fallait donc comprendre comment ces changements psychologiques, spirituels, se mettent en place progressivement… J’aimerais aussi vous demander si aviez, dès le début, une idée claire de la manière dont vous vouliez ouvrir et conclure la série ? De la première scène et de la scène finale ?
HL - Oui. La première scène a toujours été celle de la rencontre avec Spier, et la dernière devait toujours se dérouler dans le train. Sur ce point, j’avais une vision très claire. Et, d’une certaine manière, cela reste assez proche du Journal : tout commence avec la rencontre avec Spier et se termine avec le départ pour Westerbork.
CM - La série n’est peut-être pas littéralement fidèle aux écrits d’Etty, mais je trouve que son esprit, lui, l’est profondément et c’est sans doute le plus important. Avez-vous demandé à l’actrice qui interprète Etty (Julia Windischbauer) de lire les journaux d’Etty ?
HL - Je n’ai même pas eu besoin de le lui demander. Avant son audition, elle avait lu une version abrégée, puis elle s’est immédiatement plongée dans l’intégralité des écrits. Plus tard, elle m’a dit les avoir relus sept fois, je crois. Vous savez, elle a même appris le néerlandais pour le rôle.
Les autres acteurs étaient très surpris par ce qu’ils découvraient et me disaient : « Comment est-il possible que personne ne connaisse ces écrits ? » Et ils avaient envie d’en lire davantage.
CM - Pourriez-vous expliquer le choix de donner un rôle central au personnage de l’écrivain Klaas Smelik – l’homme à qui Etty confie ses journaux en lui demandant d’essayer de les faire publier – à travers l’émission radio alors qu’il apparaît finalement assez peu dans les écrits ? Quelles autres « stratégies » avez-vous mises en place pour donner vie au Journal à l’écran ?
HL - Dans la série, beaucoup d’amis d’Etty n’apparaissent pas. Klaas, en revanche, ainsi que la famille, occupent une place importante. Dans le Journal, Etty ne le mentionne en réalité que deux fois, notamment quand elle raconte qu’il a tenté (en vain) de la convaincre de se cacher. Mais j’ai fait énormément de recherches à son sujet.
J’ai rassemblé tout ce que je pouvais savoir de lui. Grâce à Klaas Smelik Jr., notamment, son fils : c’est lui qui a finalement permis la publication des journaux. Il était d’ailleurs présent lors de la projection à Amsterdam. Il a rencontré l’acteur qui incarnait son père.
CM - Dans l’épisode 5, il y a une scène marquante entre Klaas et Etty, qui prend presque la forme d’une dispute, ou du moins d’une confrontation intellectuelle. Etty y lit des passages de son Journal sur Dieu, l’amour du prochain et la solidarité, tandis que Klaas ne comprend pas comment elle peut continuer à penser ainsi alors qu’elle est menacée de déportation.
HL - Cette scène est directement inspirée du Journal.
CM - Oui, lorsqu’Etty écrit qu’il faudrait "que chacun fasse un retour sur soi-même", et qu’il lui répond : "Oui, mais ce serait un retour au christianisme", avant qu’elle ne conclue : "Le christianisme, pourquoi pas ?" Pourriez-vous expliquer comment vous avez écrit et filmé cette scène ?
HL - Vous savez, j’ai constitué un immense dossier dans lequel j’ai rassemblé des phrases tirées du Journal, classées par thèmes : Dieu, la souffrance, le Conseil juif, la haine…
CM - Je ne peux m’empêcher de vous montrer mon exemplaire annoté des écrits d'Etty Hillesum : je l’ai couvert de post-it de différentes couleurs, une couleur pour chaque thème.


HL - La grande question était : comment transformer des citations en dialogue ? Parce que cette scène est presque entièrement composée de phrases du Journal. J’avais le matériau textuel, mais il fallait parvenir à le faire vivre dans une conversation, à le transformer en échange. C’était une scène très complexe à écrire.
CM - Pourtant, selon moi, elle est très réussie. J’ai lu les journaux, bien sûr, mais je pense que même quelqu’un qui ne les connaît pas peut ressentir la même chose : il y a une tension extraordinaire, une incompréhension profonde entre eux, deux visions du monde qui ne parviennent plus à se rejoindre. Ils ne s’entendent plus, ne peuvent plus réellement se comprendre. C’est tragique, mais aussi très beau.
HL - Au départ, cette scène avec l’émission de radio devait même constituer un épisode entier. Puis, à un moment donné, j’ai décidé de disperser ces scènes dans l’ensemble de la série, de les placer plus tôt, à différents endroits. Mais si l’on rassemblait aujourd’hui toutes les séquences où Etty lit ses textes à la radio, cela formerait en réalité un épisode complet.
CM - Diriez-vous que c’était la scène la plus difficile à tourner ?
HL - Peut‐être pour les acteurs, oui, parce qu’il y avait énormément de texte. Ils ont travaillé jour et nuit pour cette scène. Et puis je l’ai écrite très tardivement. Je l’ai terminée alors que la série était déjà en production, si bien qu’ils ont reçu le texte très tard et ont dû l’apprendre rapidement. On a filmé la scène en une prise : on avait l’impression d’être au théâtre. Puis on a re‐filmé pour avoir d’autres plans.
CM - Vous avez vu les mots d’Etty prendre vie sous vos yeux…
HL - On a filmé la scène dans un grand silence. Puis tout le monde a applaudi. C’était vraiment un grand moment de tournage…
CM - Une autre scène très marquante de la série est celle qui ouvre l’épisode 4, avec les vélos. On voit Etty avancer à vélo, puis, à chaque coin de rue, d’autres cyclistes viennent se joindre au groupe. Peu à peu, on comprend : l’interdiction faite aux Juifs de circuler à vélo. Ils doivent les laisser sur un terrain où ils sont détruits par un engin compresseur. Comment cette idée vous est-elle venue ?
HL - Cette scène n’est pas dans le Journal. En fait, Etty mentionne seulement une fois le fait de devoir vivre sans vélo.
Pendant l’écriture de la série, j’ai voyagé et en Suède, j’ai vu un immense amas de vélos chez un réparateur – cette image m’a frappé, elle est restée avec moi. Puis, à Amsterdam, j’ai découvert ces endroits où l’on rassemble les vélos mal garés de la ville. Il y avait une grue qui les écrasait, et j’ai trouvé cette image extrêmement violente. C’est vraiment sur place que l’idée de la scène m’est venue. Et quand on passe du temps à Amsterdam, on comprend combien le vélo y occupe une place centrale : c’est une ville façonnée autour de lui.
CM - Ce qui frappe dans cette scène, c’est aussi la violence du geste, sans qu’aucun mot ne soit prononcé. Elle est extrêmement puissante et évocatrice.
HL - Ce sont les deux scènes dont on m’a le plus parlé. Ce sont des scènes longues, très visuelles, traversées d’une forte tension dramatique.
CM - Les journaux d’Etty Hillesum n’ont été publiés que trente ans après sa mort : à l’époque, personne ne semblait prêt à entendre ce qu’elle avait à dire, tout comme, de son vivant, peu de personnes semblaient réellement capables de l’écouter. Comprenez-vous pourquoi ? Et pensez-vous qu’aujourd’hui sa voix puisse être davantage entendue ?
HL - Je crois que les Néerlandais ne l’ont jamais vraiment comprise. Etty n’a jamais été véritablement promue pour sa dimension juive – il faut dire aussi que son judaïsme n’est pas toujours immédiatement évident. Elle n’était pas si « néerlandaise » que cela : elle était beaucoup plus « russe ». Les Néerlandais ne l’ont pas pleinement comprise, les Juifs non plus, et elle n’avait finalement personne pour la défendre. Anne Frank était aussi très populaire, d’une certaine manière, ça a fermé l’espace pour d’autres récits.
Je crois que le premier milieu à l’avoir réellement accueillie a été celui des intellectuels et artistes catholiques, particulièrement en France et en Italie, qui l’ont presque immédiatement adoptée après la publication de ses écrits dans les années quatre‐vingt.
CM - Oui, d’autant plus que les premières publications n’étaient pas intégrales.
HL - Je crois qu’aujourd’hui encore, la majorité des lecteurs d’Etty Hillesum lisent des versions abrégées. Cela dit, il faut reconnaître que l’éditeur Gaarlandt (l’éditeur original du Journal) a accompli un travail remarquable. Je l’ai rencontré plusieurs fois : c’est une très belle personne. Bien sûr, lire la version abrégée ne procure pas la même expérience.
CM - Avec la série, cherchiez-vous à rendre la pensée d’Etty plus accessible, plus facile à entendre que dans le Journal lui-même ? Après tout, 800 pages peuvent intimider certains lecteurs.
HL - C’est sûr que la série propose autre chose, c’est une série ! C’est différent, c’est visuel, plus facile peut‐être. C’est autre chose. Il fallait inventer d’autres chemins pour dire ce que raconte le Journal, trouver des images, des formes. Et je me suis souvent posé cette question : pourquoi faire cette série, alors que tout le monde peut lire le Journal ? Je crois que cela n’avait de sens que si je trouvais une nouvelle approche, une manière visuelle et originale.
CM - Vous avez déjà dit à plusieurs reprises que ce que vous souhaitiez surtout transmettre à travers la série, c’était l’aspect solidaire des écrits d’Etty, peut-être davantage encore que leur dimension spirituelle. Est-ce cet aspect qui vous avait frappé dès votre première lecture ? Ou votre lecture d’Etty a-t-elle évolué avec le temps ? J’ai parfois l’impression que l’on pourrait relire Etty chaque jour et découvrir à chaque fois une nouvelle facette de sa pensée ou de sa personnalité.
HL - Ce sens de la solidarité m’a frappé plus tardivement, lorsque j’ai relu le Journal après le 7 octobre, puis la guerre. Lors de ma première lecture, ce qui m’avait surtout bouleversé, c’était cette idée que l’on peut tout perdre, qu’on peut tout nous prendre, mais qu’il demeure toujours quelque chose en nous que personne ne peut nous enlever.
CM - Lorsque j’ai lu les journaux, aussi après le 7 octobre, c’est également cette idée qui m’a profondément touchée : celle de quelque chose en nous qui ne peut jamais nous être retiré, un lieu intérieur vers lequel il est toujours possible de revenir. C’est précisément cette idée du retour que j’interroge dans mes recherches en philosophie. Je me demande si l’on ne pourrait pas lire les écrits d’Etty à la lumière de la teshouva.
HL - Il y a quelque chose en nous qui nous définit profondément, et cela, personne ne peut nous l’arracher. Mais chacun lit Etty différemment. J’ai été surpris de constater que, pour certains lecteurs, ce qui ressort avant tout de son œuvre, c’est l’idée que la vie reste belle. Chaque personne, et même chaque moment d’une vie, produit une lecture différente d’Etty.
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