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La déchirure
Publié le 30 avril 2026

2 min de lecture

Le lendemain du jour de l’indépendance, Yom haAtsmaout, un Israélien religieux a été arrêté par la police puis incarcéré pendant quelques heures. Son « crime » ? Avoir arboré sur sa kippa les drapeaux israélien et palestinien. Après avoir été relâché et avoir demandé de la récupérer, sa kippa lui a été restituée, déchirée avec le drapeau palestinien soigneusement retiré par la police.

Dans l’État juif et démocratique qui vient de fêter ses 78 ans, un citoyen s’est ainsi vu dénier à la fois ses droits de Juif (celui de porter une kippa) et de citoyen libre (celui d’afficher ses opinions). Cet Israélien a été « dénoncé » par un concitoyen qui ne supportait pas la vue du drapeau palestinien, et qui a cru légitime de faire appel à la police pour l’ôter de sa vue et sanctionner ce « délinquant », comme on fait appel à une police politique dans une dictature.

Elle en dit beaucoup sur la mission telle que les policiers la voient et leur sentiment d’impunité, sous l’autorité d’un ministre d’extrême-droite puissant et sans limite, au sein d’un gouvernement dont le chef lui donne toute latitude sans jamais le sanctionner.

Si une enquête a été diligentée, aucune réprimande n’est venue du gouvernement et encore moins du ministre d’extrême-droite de la police, Itamar Ben Gvir. Parmi la classe politique, seul le parti « les Démocrates » de Yair Golan s’est élevé contre cette arrestation arbitraire, qui symbolise tristement la dégradation des normes démocratiques en Israël sous le gouvernement actuel.

Elle dit aussi le recul de l’idée de coexistence en Israël‐​Palestine, et la négation même de l’existence d’un peuple palestinien. Elle est en ce sens la suite logique d’une loi votée en 2023, par le même ministre Ben Gvir, interdisant l’affichage du drapeau palestinien dans l’espace public. 

Le massacre du 7 octobre, la confiscation de la cause palestinienne par les terroristes et son instrumentalisation par ses idiots utiles en Occident n’ont pas peu contribué à sa criminalisation et au retour en force de la négation même du peuple palestinien en Israël. Cette affaire n’en illustre pas moins la colonisation des esprits après celle de la Cisjordanie dans une partie de la population israélienne, et elle est à certains égards le prolongement de la violence dans les territoires palestiniens par des colons extrémistes évoquée dans Tenoua.Cette affaire est un marqueur. Elle symbolise à la fois le recul de la démocratie, de la reconnaissance de l’autre et de l’espoir d’une coexistence future avec lui. La déchirure de cette kippa est aussi celle de la société israélienne et de la déclaration d’indépendance du pays, avec ses principes démocratiques, célébrés quelques heures avant une arrestation arbitraire qui illustre une nouvelle fois la nature existentielle des prochaines élections en Israël, prévues pour octobre prochain.