
Vendredi, nous avons pris le dernier repas sous la soucca.
J’ai tant aimé y passer du temps, les nuits aux étoiles comme de minuscules diamants plantés au hasard, la lune ronde étincelante dans le ciel noir qu’elle éclairait comme un jour, les aubes roses aux oiseaux timides, les midi trop chauds où l’on cherche en riant à s’abriter du soleil, les amis qui défilent et se prélassent sur les coussins, les après‐midi paresseux à contempler la danse lente des arbres, les feuilles en ombres chinoises derrière la paroi de tissu de la soucca, ledit tissu soulevé douçement par le vent calme, comme s’ils respiraient ensemble, comme si on respirait ensemble, comme si le monde entier respirait ensemble.
Le temps de notre joie
Dès midi éclataient, de l’autre côté de la rue, les bruits de guitare, de chants et de percussions des voisins dans la soucca d’en face. Ils avaient même installé une petite cuisine de jardin où ils préparaient des brochettes pour la famille et les amis qui défilaient chaque jour. J’aurais pu “frapper” à la porte inexistante de leur soucca, ils m’auraient accueillie et m’auraient assise et donné à manger et j’aurais chanté avec eux. La nuit, les montagnes invisibles de Jérusalem me renvoyaient l’écho des concerts de la fête, les célébrations traditionnelles chaque soir de ce festival que l’on appelle “le temps de notre joie”.
Oui, à cette période‐là du cycle de l’année juive, tout est au rendez‐vous pour la joie. Au niveau de la vie intérieure, le travail profond de Rosh haShana et de Yom Kippour est derrière nous. Traversées, les longues heures de prière et d’introspection, hatanou, aneinou, avinou malkeinou, le shofar et le jeûne, le vidouï et le pardon. Traversée, la grande renaissance du monde et de l’être.
Voici venu le temps du soulagement et de la fête, le temps de se réjouir d’être vivants.
Et comme pour chaque principe de la sagesse juive, selon laquelle le monde matériel est le reflet et le signe de la vie invisible du dedans, le cycle de la terre et des saisons vient offrir un miroir à ce point de grâce intérieur.
En terre d’Israël, Souccot est le moment suspendu d’équilibre entre les chaleurs de l’été et les pluies à venir, l’arrivée soudaine, qui s’annonce dans les derniers jours de la fête alors que l’air fraîchit presque insensiblement, d’un hiver plus froid que l’on croit. Alors cette semaine de transition climatique est un temps béni où il fait bon être dans le presque‐dehors de la soucca, cet abri fragile, comme la peau, entre ciel et terre.
Entre soulagement des âmes et douceur de la saison, le monde comme l’être arrivent à ce point d’équilibre pour que Souccot soit appelé le “temps de notre joie” : une fête où il fait bon vivre et partager, avec tous – amis et inconnus, Juifs et étrangers. Car Souccot, nous rappelle la Torah, est une fête de l’accueil des “invités”, la fête du partage universel qui culminera avec Simhat Torah, “la joie de la Torah”, le moment où l’on dansera jusque dans les rues, rouleaux du texte ancestral dans les bras, célébrant l’ouverture d’un autre cycle de lecture de la Torah pour cette nouvelle année de vie.
Le point d’ombre
C’est ce jour‐là, il y a trois ans, que l’obscurité nous a envahis.
C’était à l’aube de Simhat Torah. On s’en souvient tous. Ce jour‐là, le temps de notre joie a été réveillé par les roquettes du Hamas qui pleuvaient sur nous. Ils ciblaient, comme toujours – et comme d’habitude, en toute impunité aux yeux de la presse internationale –, les villes les plus habitées. Les roquettes sont tombées nuit et jour pendant plusieurs mois, jusqu’au mois de janvier où, soudain le silence est revenu dans nos jours et dans nos nuits. Mais cela, ce n’était rien.
Ce jour‐là, on a appris peu à peu sur les réseaux sociaux ce qui se passait.
Il a pourtant fallu attendre un jour, ou plusieurs, avant de comprendre l’envergure du désastre. Je me souviens encore de l’instant où Matan m’avait dit, dans un chuchotement presque inaudible, au cours de l’après-midi : “ils ont pris des otages.”
On pensait à une dizaine, on les pensait chez eux. On pensait que cela prendrait quelques heures pour les libérer.
On ne pensait pas qu’ils seraient emmenés à Gaza.
On ne pensait pas qu’on verrait un cadavre de jeune femme dénudée aux jambes disloquées, paradé sur la plage arrière d’un pick‐up, sous les crachats et les cris de victoire. Une photo qui avait valu la récompense “photo de l’année” par un concours international de photographie au terroriste qui l’avait prise, prix qui, malgré les protestations et pétitions pour le révoquer, avait été maintenu[1].
S’il y avait un emblème du monde post‑7 octobre, c’est ce prix.
On ne pensait pas que les vivants seraient détenus dans des tunnels pendant presque deux ans, des tunnels sans lumière et sans eau, des tunnels aux excréments dans un trou creusé à l’improviste, des tunnels où l’on ne pouvait pas entendre les cris et où on donnait à manger le strict minimum pour que l’otage reste vivant, la peau sur les os, des caves où parfois on ne pouvait se tenir debout, des tunnels dont certains sont revenus, blêmes et squelettiques comme des revenants de camps, et d’autres pas.
C’est le jour de notre joie qu’ils avaient choisi pour abîmer non seulement ceux qui ont été suppliciés ce jour‐là, les morts comme ceux qui en sont revenus, non seulement les victimes et leurs familles, non seulement nous tous, les vivants, qui sommes encore à vif, mais aussi notre mémoire collective, à jamais.
Dans ce point de lumière, ils ont mis un point d’ombre qui nous recouvre encore. Il serait inutile de le nier. Le coup est porté. La blessure continue de saigner.
Et les réactions du monde post‑7 octobre ne font que creuser, chaque jour, la plaie.
Une date comme gouffre
La guerre a fini par prendre fin.
Les tunnels ont été vidés et coulés de béton. Les otages rendus, y compris les cadavres, y compris ceux d’il y a dix ans.
Rendus, contre la libération de milliers de terroristes emprisonnés à vie, comme l’avait été Sinwar, l’architecte du 7 octobre, libéré plus d’une décennie plus tôt aux côtés de plus d’un millier pour qu’on en récupère un seul, Gilad Shalit.
En prison, il n’avait pas seulement eu le temps de penser le 7 octobre. Il avait eu la possibilité de monter en compétence pour ce faire. Soigné d’un cancer pendant sa détention, il avait aussi appris l’hébreu et fait des études, payées par les impôts des citoyens israéliens qu’il s’acharnera à supprimer de nouveau à sa sortie, conforme à l’agenda explicite de génocide israélien qui fait la signature du Hamas.
Lors de l’un des échanges après le 7 octobre, avait été libéré celui qui avait violé et tué Ori Ansbacher, une jeune de 19 ans, dans un parc de Jérusalem.
Aujourd’hui elle est morte, et lui est libre.
Voici le prix pour retrouver les nôtres, y compris dans des cercueils.
Il y a à jamais, dans Simhat Torah, cette blessure qui est un gouffre. Un trou noir qui nous hante encore et qui marque la fête de la Torah, même si on a soigneusement choisi de l’appeler de sa date grégorienne, “le 7 octobre.”
On essaie de ne pas y penser mais on le sait.
On sait une partie de ce qui a été fait à cause de l’état des corps qui ont été retrouvés ou de ce qui a été filmé par les body cam des hommes cagoulés, qui ce‐faisant riaient, diffusant en direct sur Telegram et autres réseaux sociaux pour augmenter leur jouissance, et celle des voyeurs globaux.
Il fallait montrer pour humilier encore plus, pour se griser encore plus d’un sadisme longuement préparé.
Le monde du 8 octobre
Lorsqu’Antoine, le rédacteur en chef de ces pages, m’a appelé jeudi dernier pour me proposer d’ajouter quelque chose, “pour marquer les trois ans du sept octobre,” au “carnet de guerre” que j’avais écrit en 2023 et 2024, il s’avait que je ne voulais pas. Et il savait peut‐être aussi que je ne pourrais pas dire non.
Lorsque la guerre a éclaté, je m’étais mise à écrire comme si ma vie en dépendait. Et elle en dépendait.
Presque tous les matins me retrouvaient avant l’aube, un thé sombre dans le ciel encore noir, les mains sur le clavier de plus en plus froid à mesure que l’hiver se déployait, écrivant pour survivre, pour ne pas tomber malade.
Il me fallait raconter tout.
C’était tout. Mais ce n’était que le début.
Un deuxième gouffre s’est ouvert pour nous.
Ce qu’Eva Illouz a justement appelé “le 8 octobre”.
La deuxième blessure, sur la plaie ouverte. Une blessure qui ne cesse de s’étendre.
Celle‐là non plus, on ne s’y attendait pas.
Le 7 octobre, le monde a basculé deux fois pour le Juif.
Il y a eu ce qu’on nous a fait sur notre terre.
Le 7 octobre, c’était la fin de l’illusion de sécurité pour le Juif en terre d’Israël. Certes le pays vivait, depuis sa nouvelle indépendance, sous attaque permanente ; certes les guerres se succédaient ; mais on avait cru qu’enfin le Juif avait un lieu où être en sécurité sur cette terre, sur sa terre.
Le 7 octobre, l’Israélien a brutalement réalisé sa vulnérabilité.
Les habitants des kibboutzim qui avaient dédié leur vie à aider les Palestiniens s’étaient retrouvés trahis par ceux à qui ils avaient tendu la main sans faille, par ceux en qui ils avaient cru, pendant des décennies.
Les jeunes et les vieux qui avaient œuvré pour la coexistence et s’étaient battus pour elle s’étaient retrouvés assassinés, violés, humiliés, ravagés.
Et puis le 8 octobre, devant les réactions du monde, le Juif s’était souvenu de sa vulnérabilité sur cette terre.
Hormis quelques timides ou courageux soutiens, il y avait eu deux réactions qui s’étaient étendues sur le monde comme une tache d’huile : d’un côté, le silence glacé de certains, trop nombreux, de ceux que l’on croyait nos amis, nos collègues, ou des esprits éclairés ; de l’autre, la soudaine désinhibition d’une haine qui semblait soudain n’avoir fait que dormir depuis 1945 – depuis le Moyen Âge et les accusations d’empoisonnement des puits.
Ce qu’Illouz appellait si justement la “généalogie d’une haine vertueuse” ne semble pas tant une “généalogie” qu’une désinhibition soudaine : un lâchage collectif du côté obscur venu des lieux les plus étonnants, des lieux de soi‐disant pensée et de raison. Soudain s’était étendue sur le monde, et continue de s’étendre, une vague de “folie collective” maquillée de bien‐pensance, une vague qui n’a fait qu’enfler depuis le jour de l’attaque, sur les campus universitaires commes dans les assemblées parlementaires, dans les rédactions des journaux comme dans les galeries d’art, jusqu’à inonder la culture occidentale sous un tsunami de haine, la haine la plus vieille du monde, une haine qui ne fait que changer d’habits moraux selon les époques, la haine du Juif aujourd’hui maquillée en “résistance” un contre Israël désigné en monstre à abattre.
J’apprends aujourd’hui que la folie n’est plus seulement celle des foules, qu’elle s’officialise peu à peu. Que les Pays‐Bas viennent de voter une loi par laquelle on peut fouiller quiconque arrivant d’Israël pour s’assurer qu’il n’est pas détenteur de produits “colonialistes”. Que le parti vert anglais vient de voter une requalification du sionisme en racisme.
Oui, pour l’instant la vague ne fait qu’enfler, et en attendant, nous la contemplons bouche‐bée, impuissants.
Le carnet des pleurs
Voilà plus d’un an que j’ai cessé d’écrire.
Pourtant ce soir, lendemain de Simhat Torah en Israël, je me force à le faire.
Parce que poser des mots, c’est construire un bateau sur la vague, peu importe son envergure. Peut‐être que l’arche de Noé était faite de mots. La mienne, au sein de ce déluge, l’est certainement.
J’écris aussi après avoir allumé la bougie pour eux, pour ceux qui ne pourront plus dire. Et j’écris pour donner de la force à ceux qui ne le peuvent pas encore.
Si je devais écrire quelque chose désormais, ce serait un carnet de pleurs.
Un journal des peines.
Je ferais la liste des blessures reçues chaque jour, dès que j’ouvre les réseaux sociaux, dès que je parle à un proche qui vit en diaspora. Dès que j’apprends, aussi, une nouvelle exaction commise par les miens en Israël et dans les territoires.
Je m’étais toujours demandé comment les nations les plus éclairées du début du XXe siècle avaient pu sombrer dans une telle folie.
Il suffit aujourd’hui de regarder les titres des journaux, les discours politiques ou les envolées d’intellectuels sûrs d’eux pour voir pareille irrationalité à l’œuvre, au cœur même des institutions qui prétendent incarner la raison et la justice.
Je n’ouvre pas la liste des blessures, les exactions et injustices commises, chaque jour, contre les miens, dans tous les milieux, en boycotts, cancellations, attaques verbales ou physiques, harcèlement, et j’en passe.
Je n’ouvre pas le carnet des pleurs, en tous cas pas maintenant.
Et je n’ouvre pas non plus celui de ma colère contre les miens, en politique ou sur le terrain, qui se comportent comme nos ennemis, exhibant eux aussi une violence ethno‐religieuse suprématiste, même si le degré est bien moindre.
Trahis par le monde, ce n’est pas nouveau. Trahis par les miens dans mon pays, Israël, fait parfois presque plus mal.
Mais lister tous ces pleurs serait trop long.
Pour l’heure, pour ces trois ans du jour sombre, je dirais simplement ceci : une page s’est fermée le 7 octobre. Le monde ne sera plus jamais le même.
Le monde d’après
Je ne parle pas seulement pour Israël, ni pour les Juifs.
Le monde lui‐même s’est compromis, et se compromet encore chaque jour d’une manière dont je ne sais pas comment il va s’en remettre.
Pour nous, malgré tout, depuis le 7 octobre, quelque chose s’est clôt.
La guerre pour l’instant est entre parenthèses, les tunnels sous contrôle, les otages revenus.
Il y a quand même eu, malgré tout, cet immense, terrible, soulagement collectif. Il s’est fait par accoups, avec les agonies de l’attente et les mauvaises surprises, avec le choc des cérémonies sinistres de remise des captifs.
Mais ils sont sortis.
Les derniers sont sortis à Simhat Torah l’année dernière et, depuis ce jour, pour chaque habitant d’Israël, et peut‐être aussi chez vous, une pierre a été retirée de sur le cœur. On respire un peu plus.
En depuis, en Israël, le paysage extérieur comme intérieur ne sera plus jamais le même.
Dans les villes et sur les routes, les stations de bus et de train sont criblées d’autocollants aux visages souriants des morts du 7 octobre et depuis.
Dans beaucoup de synagogues, ceux qui viennent prier pour Simhat Torah arrivent avec un poids sur le cœur qui, il y a trois ans, n’existait pas. On allume une bougie du souvenir avant celle de la fête.
Beaucoup commencent par une hakafa silencieuse. Avant les danses, on tourne en silence. On marque le deuil.
Chez nous, on continue de tenter de panser nos plaies tout en s’occupant des traumatisés, tout en continuant de combattre le Hezbollah au nord, de contenir Hamas qui refleurit à Gaza, et de prier pour que le fondamentalisme juif ne prenne pas le pouvoir.
Cela fait beaucoup, pour un si petit pays.
Autour de nous, on ne fait qu’assister, impuissants, à la haine qui enfle.
Prendre avec nous les tables brisées
Oui, le 7 octobre il y a trois ans, un mouvement à commencé, une vague immense qui nous emporte avec elle, et nous sommes encore dans la descente.
Nous sommes en train de voir enfler cette vague de haine qui n’en finit pas de déferler sur notre humanité, notre humanité commune.
Et nous, que pouvons nous bien faire ?
Bien plus que “cultiver notre jardin” blessé, comme en avait conclu le Candide de Voltaire.
Nous ne sommes pas Candide. Nous sommes idéalistes, au sens volontariste du terme, et voilà notre force. Nous gardons les yeux posés vers l’horizon : l’idéal d’un retour qui nous a porté pendant deux mille ans, l’idéal d’un monde meilleur qu’il nous incombe d’aider à advenir, c’est chez nous plus qu’un espoir, c’est un devoir.
Nous savons qu’exil et rédemption, chute et remontée, sont au cœur du destin humain.
Le récit biblique lui‐même, qui commence par le chaos de Bereshit puis par la chute d’Éden, par le premier meurtre puis par un déluge, par la descente en Égypte avant la rédemption qui nous fait naître en tant que peuple, est structuré ainsi.
Ce faisant, en filigrane, il nous enseigne que tout commence par une brisure.
Or nous savons que nous portons en nous, comme nous le rappelle le Talmud (Baba Batra 14 a‑b), les premières tables de l’Alliance brisées aux côtés des nouvelles, dans l’Arche sainte.
Nous ne faisons pas semblant qu’elle n’existe pas, la brisure. Nous la portons avec nous.
Ainsi pouvons‐nous faire dans ce monde d’après 7 octobre : porter avec nous ces premières tables irrévocablement brisées de l’Israël post‐48 que l’on croyait connaître jusqu’il y a trois ans.
Car avec toutes les guerres et tous les soubresauts qu’il a connu, même avec la Guerre des Six jours, même avec celle de Kippour, même avec les intifadas, rien ne se mesure à ce gouffre. Il y a désormais un Israël d’avant, et un d’après le 7 octobre.
Mais nous savons porter les tables brisées.
Nous savons, de par notre tradition mystique, que chaque “descente est pour (les besoins de) la remontée” (yerida l’tsorekh aliyah).
Et nous chantons déjà depuis des millénaires, après chaque repas de shabbat,
“Ceux qui sèment dans les pleurs,
dans les rires de joie, ils récolteront.” (Psaume 126,5)
Notre mystique nous enseigne que l’exil anticipe la rédemption de la même manière que la nuit annonce le jour, et la chute, une nouvelle ascension.
Se relever sept fois
Mishlei, les Proverbes (24,16), nous enseignent que le sage est celui qui tombe sept fois, et se relève.
Le 7 octobre, nous sommes tombés des milliers de fois, autant que de morts depuis ce jour‐là.
Mais pour chaque mort, pour chaque blessure, pour chaque brisure, nous nous relèverons une fois de plus. Et si je ne peux pas un jour, quelqu’un d’autre se relèvera pour moi, avec moi. Cela fait partie de la beauté du klal qui, malgré tout, demeure dans la communauté d’Israël.
On ne peut pas se laisser désespérer jusqu’au bout quand on a un hymne national qui s’appelle “L’espoir,” quand on a une tradition qui a prié pendant deux millénaires pour un retour d’exil, jusqu’à le voir se réaliser.
Alors si une nouvelle nuit a éclaté le 7 octobre, peut‐être pouvons‐nous y voir l’annonce, même encore imperceptible, d’un jour nouveau à venir.
Il fait encore nuit. Et elle est sombre. On est même encore au creux de cette immense vague qui, une fois de plus, a enflammé l’irrationalité humaine contre le Juif.
Mais malgré tout cela, avec tout cela, le soleil de Souccot continue de nous éclairer. Les gens de chanter. Les fleurs de pousser. Les bébés de naître, et les gens de s’aimer. On dit même que plus de bébés sont nés en Israël, en 2024 plus que jamais.
Car chez nous la meilleure réponse, c’est de choisir la vie.
Ce nouveau jour, nous l’attendons encore.
Mais nous savons aussi que c’est à nous de le faire advenir.
[1] Il s’agit d’une photo du corps de Shani Louk qui fait partie d’un corpus de 20 clichés présentés par AP et qui a remporté le “Prix du récit photographique en équipe” de la Missouri School of Journalism en 2024




