Dessins : © Sam Weil

Arbel Siman Tov, 5 ans
ארבל סימן טוב
Arbel, sa sœur jumelle Shahar, son petit frère, Omer, âgé de 2 ans, et ses parents Yonathan et Tamar (36 et 35 ans), ont été assassinés dans leur maison du kibboutz Nir Oz, le 7 octobre au matin. Tandis que les roquettes pleuvent, les parents comprennent, depuis le mamad où ils sont réfugiés, que les terroristes sont dans le kibboutz. Ils parviennent à maintenir la porte du mamad fermée alors que les terroristes tentent d’y entrer. Ceux‐ci mettent alors le feu à la maison. Tamar et Yonathan ouvrent la fenêtre pour tenter d’évacuer la fumée et sont immédiatement blessés par balle. Ils réussissent à refermer la fenêtre. Yonathan écrit un SMS à sa sœur Ranae : “Ils sont ici. Ils nous brûlent. Nous suffoquons”. La grand‐mère d’Arbel, Carol Siman Tov, a aussi été assassinée chez elle, avec son chien, Charlie, dans le même kibboutz.
47 personnes ont été tuées le 7 octobre au kibboutz Nir Oz et 76 ont été prises en otages, dont 22 furent assassinées plus tard à Gaza.

Rajan Phulara, 23 ans
राजन फुलारा - ראג'אן פולארה
Rajan venait de la ville de Shikhar, dans l’Ouest du Népal. Il était arrivé en Israël peu de temps auparavant dans le cadre du programme agricole “Learn and Earn”, un stage de formation d’un an combinant études et travail pratique rémunéré dans une exploitation agricole. Au kibboutz Alumim où il résidait, il s’était caché avec d’autres étudiants népalais et thaïlandais dans un abri anti‐bombes. Les terroristes les ont trouvés, ils ont tiré et lancé des grenades, tuant plusieurs d’entre eux. Au total, 22 personnes ont été tuées ce jour‐là à Alumim (dont 10 Népalais et 7 Thaïlandais) et 5 ont été kidnappées.
Rajan, titulaire d’une licence en agriculture, disait à son oncle, au cours d’un appel en visio quelques jours avant son assassinat : “Je vais apprendre de nouvelles choses ici, que je mettrai en pratique au pays, après mon examen pour la fonction publique”. En apprenant la mort de leur fils unique, ses parents ont tenté de se suicider avant d’être secourus par des villageois.

Yael Rozman, 26 ans
יעל רוזמן
Originaire de Kfar Saba dans le centre d’Israël, Yael était en train de fuir le massacre du Festival Nova lorsqu’elle a été assassinée dans les environs de Re’im. Lorsque le barrage de roquettes en provenance de Gaza a débuté à 6h29 ce matin‐là, Yael, son petit‐ami Jonathan Kendror et un autre ami ont tenté de fuir en voiture. Après que Jonathan, qui conduisait, a été touché au bras par un tir des terroristes, les trois amis se sont cachés dans un fourré. À 7h 38, tandis que Yael était au téléphone avec le Maguen David Adom qui lui expliquait comment faire un garrot à Jonathan, le couple a été assassiné. Yael étudiait la gestion d’entreprise tout en travaillant comme chargée de budget dans une agence de publicité. “Partout, devant tout le monde, tu as su briller et faire ressortir ta lumière, ton honnêteté, ton amour ; tu te sentais à l’aise et tu faisais en sorte que tout le monde se sente comme toi”, écrivait sa sœur, Yellena sur la page Instagram dédiée à sa mémoire.

Robert Shaulov, 70 ans
Роберт Шаулов - רוברט שאולוב
Robert, qui habitait Ashdod, était parti pêcher, avec des amis, sur la plage de Zikim, au Nord de la bande de Gaza, au matin du 7 octobre. Tout comme les trois amis qui l’accompagnaient, John Aslanov, 70 ans, et Yuri et Svetlana Lisovoy, 63 et 61 ans, Robert a été assassiné par les terroristes du Hamas sur cette place. Trente‐cinq personnes ont été tuées lors du “massacre de Zikim”. Robert était né au Daghestan (ex‐URSS) et avait étudié à Saint‐Pétersbourg. Avec sa femme Jenna (morte en 2001), ils avaient trois enfants. Robert avait fait son alyah en 2015 et s’était installé à Ashdod, où il avait une solide réputation de pêcheur, de cuisinier et de joueur de backgammon.

Mai Zuhair Abu Sabieh, 13 ans
מאי זוהיר אבו סבייח - ماي زهير أبو سبيح
Mai a été tuée avec sa grand‐mère, Faizah Abu Sabieh, 57 ans, par une roquette tirée depuis Gaza, chez elles, dans la localité bédouine de Al‐Bat Kukhleh, à une trentaine de kilomètres à l’Est de Beer Sheva, dans le Néguev. Malgré ses 13 ans, Mai savait déjà pertinemment ce qu’elle voulait faire plus tard : professeure d’anglais. Elle aimait d’ailleurs enseigner l’anglais à ses sept frères et sœurs. Très proche de sa grand‐mère, elle avait passé la nuit chez elle. Lorsque la maison a été touchée, Mai et Faizah préparaient le petit‐déjeuner pour le reste de la famille qui devait les rejoindre comme chaque samedi matin.

Binyamin Rachamim, 52 ans
בנימין רחמים
Binyamin se rendait à pied dans sa synagogue d’Ofakim (Sud d’Israël) en ce matin de Simhat Torah, lorsqu’il a été assassiné par un commando terroriste. Binyamin, qui appartenait à la communauté haredi de la ville, étudiait la Torah à plein temps au kollel Zohar Yisrael d’Ofakim. Avec son épouse, Aliza, ils avaient neuf enfants. Aliza, qui l’appelle son “rayon de soleil” raconte qu’après avoir été prié le matin, il rentrait préparer les enfants et les emmener à l’école. Puis les enfants ont grandi, deux de ses filles se sont mariées et trois de ses fils ont suivi son chemin à la yeshiva. Selon Aliza, Simhat Torah était la fête juive préférée de Binyamin. Après la prière, toute la famille devait se réunir pour un repas de fête. Lorsqu’un des enfants s’est rendu jusqu’à la synagogue pour prendre des nouvelles de son père, le rabbin lui apprit que Binyamin n’était jamais parvenu jusque‐là. Sa famille a fait écrire un Séfer Torah à sa mémoire et, six mois après sa mort, un petit‐fils lui est né ; il a été prénommé Binyamin.

Adi Landman, 19 ans
עדי לנדמן
Adi effectuait son service militaire sur la base militaire de Nahal Oz. Promue sergent‐chef après sa mort, Adi avait été observatrice durant 7 mois, avait suivi un cours de commandement et devait devenir, peu de temps après, commandante. Adi est morte au combat dans l’attaque du centre de commandement qu’elle avait rejoint, quittant l’abri dans lequel elle se trouvait, pour soutenir ses camarades et notamment les observatrices qui étaient de service. Passionnée par le spectacle vivant, elle avait été membre de la troupe “Tse'irei Yokneam” (“Les jeunes de Yokneam”) de la classe de 5e jusqu’à son bac et rêvait de travailler en mêlant architecture et spectacle vivant. La troupe lui a rendu hommage sur YouTube. Après sa mort, ses camarades ont témoigné de sa personnalité souriante, généreuse, optimiste et amicale. La famille d’Adi a fait imprimer des autocollants portant sa photo et cette phrase : “Sois un rayon de lumière dans les endroits obscurs”. Adi a été inhumée dans le carré militaire du cimetière de sa ville, Yokneam (à l’est de Haïfa). Elle laisse derrière elle ses parents et ses deux frère et sœur.




